đș Fate/EXTRA Last Encore
Câest compliquĂ© de parler des produits de la franchise Fate/stay night tant elle est prolifique. Rien quâavec le jeu original par exemple, on a la sĂ©rie tĂ©lĂ© de 2006, la sĂ©rie tĂ©lĂ© de 2010, et les films de 2017, chacun des trois adaptant une route diffĂ©rente du jeu, et donnant donc Ă une histoire totalement diffĂ©rente.
Mais bien sĂ»r, peu importe que la Guerre du Graal mentionnĂ©e dans le jeu1 soit prĂ©vue pour ne pas se reproduire avant au moins 2064, lâindustrie Japonaise nâallait pas attendre aussi facilement pour traire une franchise capable de transformer le Roi Arthur en waifu complĂštement moĂ©, et les artistes de chez TYPE-MOON ont donc dĂ» redoubler dâefforts pour transformer les figures mythiques en jolies meufs qui sauraient attirer le spectateurâŠ
Néron jouait aux Dungeon-RPG
Ainsi, Fate/EXTRA sort au Japon en 2010, loin du style visual novel dâorigine: on est lĂ dans un dungeon crawler. Et pour ne pas trop sâembarrasser de questions malvenues, on nâaura quâĂ dire quâon est dans âun univers parallĂšleâ, avec un hĂ©ros amnĂ©sique, et toujours les mĂȘmes bases: sept Master engagĂ©s dans la nouvelle Guerre du Graal, chacun Ă©paulĂ© par un Servant, ces hĂ©ros mythiques propulsĂ©s depuis les Ă©poques passĂ©es.
Si le jeu laissait au joueur le choix entre trois hĂ©ros mythiques2, lâadaptation animĂ©e suit les routines bien Ă©tablies jusque-lĂ , et le Servant de type Saber sera notre hĂ©roĂŻne. Si lâon avait jusque-lĂ pu suivre Artoria Pendragon, digne prĂ©tendante du trĂŽne de la perfide Albion, nous suivrons cette fois Nero Claudius, plus connue sous le nom de NĂ©ron, que lâon reconnaĂźtra Ă son habitude Ă profiter nue des bains chauds qui seront proposĂ©s au joueur entre chaque Ă©tage.
Des Ă©tages, oui. Un grand classique des jeux du genre: vous vous baladez sur un Ă©tage gĂ©nĂ©rĂ© alĂ©atoirement, et vous espĂ©rez trouver lâascenseur pour aller au suivant, sans mourir en chemin. Câest une recette si bien Ă©tablie, quâil en existe une franchise qui se dĂ©cline Ă toutes les sauces. LĂ , on a nos sept Master engagĂ©s dans la Guerre du Graal, donc il allait de soi que chacun aurait droit Ă son Ă©tage pour empĂȘcher le hĂ©ros dâaller plus loin.
MĂȘme sâil avait tout son sens dans le jeu, pour lâanimĂ©, je trouve le concept totalement dĂ©bile narrativement parlant: les sept Master sont usuellement sur un pied dâĂ©galitĂ©, et cherchent tous Ă Ă©liminer la concurrence pour obtenir le Graal, mais ici, le hĂ©ros est le seul Ă devoir avancer, tandis que les Floor Master sont coincĂ©s Ă leur Ă©tage3.
Les memes et on recommence
Si dĂ©jĂ la prĂ©sence dâArcher dans les personnages que le joueur pouvait sĂ©lectionner Ă©tait discutable, tant son existence nâa de sens que dans le contexte du Fate/stay night (et plus encore, de lâarc Unlimited Blade Works4), son inclusion dĂšs lâune des premiĂšres scĂšnes de lâanimĂ© a Ă©tĂ© un trĂšs bon moment de fanservice mais mâa laissĂ© dubitatif. Ce qui sâest poursuivi lorsque le Master du premier Ă©tage a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©: une version âunivers parallĂšleâ de Shinji Matou, lâun des antagonistes principaux du jeu dâorigine. Aucun plaisir ici, si ce nâest de le (re)voir se faire dĂ©calquer la troncheâŠ
Quelques instants plus tard en revanche, câest une version alternative de Rin Tohsaka, Ă peine redessinĂ©e, qui vient soutenir le hĂ©ros et balancer de lâexposition pendant plusieurs Ă©pisodes, ce qui est un plaisir tant jâaime le personnage, mais lĂ encore: mĂȘme si jâapprĂ©cie sa relation avec CĂș Chulainn5, ses collants noirs, sa jupe, et ses couettes, je me sens encore face Ă une redite.
Tout ça pour ça
Lorsque jâai voulu ajouter cet animĂ© Ă ma liste sur AniDB, jâai Ă©tĂ© surpris: non seulement je lâavais dĂ©jĂ notĂ©, mais en plus, je lâavais dĂ©jĂ vu! En mars 2024 qui plus est, mais je nâen gardais pas le moindre souvenir.
Comment avais-je pu oublier? Non, surtout: quâavais-je pu oublier? Alors que jâessayais de me remĂ©morer de ce que je venais de voir, je me souvenais bien de bribes, de certains combats, de quelques interactions sympas,⊠mais rien de plus. Et câest lĂ tout le problĂšme: je ne pense pas que Fate/EXTRA soit si bien Ă©crit, ou plutĂŽt, je nâai pas lâimpression que cette sĂ©rie ait la place nĂ©cessaire pour dĂ©velopper correctement toutes les forces en prĂ©sence, tant les six Master ennemis sont juste lĂ pour tenir la porte de leur Ă©tage, mais sont incapables dâavoir plus dâinteractions que ça.
Je me suis interrogĂ©: peut-ĂȘtre est-ce moi, peut-ĂȘtre que je ne suis pas un bon client de Fate? Mais non, lâautre sĂ©rie phare de la saga, Fate/Apocrypha6 contenait tout ce qui manque ici: des personnages complexes, parfois ambigus, obĂ©issant Ă des rĂšgles et poursuivant des desseins trĂšs diffĂ©rents,⊠Non, clairement, lâorigine vidĂ©oludique du mĂ©dia le dessert.
Mais comme souvent dans mes conclusions: le plaisir est lĂ . La preuve, jâai tout (re)vu dâune traite. Alors si le plaisir est si facile Ă oublier, rien nâinterdit de le rĂ©pĂ©terâŠ
La cinquiĂšme! ↩︎
Ou plutĂŽt deux et demi, Archer nâĂ©tant toujours pas un hĂ©ros dâantanâŠÂ ↩︎
Ils pourraient grimper, ou descendre, mais on ne voit pas de combat de ce genre, et dâailleurs la dĂ©faite Ă©quivaut Ă la destruction de lâĂ©tageâŠÂ ↩︎
Dont la devise, remaniĂ©e est devenue celle de ce blog. ↩︎
Le fameux chien du forgeron! ↩︎
Qui elle aussi se dĂ©roule dans un univers parallĂšle, tiens doncâŠÂ ↩︎
