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🧠 Adieu ma portable

Difficile à croire lorsque l’on considère la quantité de jeux dont je parle ici, mais j’ai grandi sans console: si je voulais jouer à des jeux vidéo, je me retrouvais à récupérer des sharewares dans des magazines1, les installer sur mon HDD, et naviguer en console DOS, les configurer2, et enfin jouer.

Tout changea en 2008: alors en possession d’un CDI chez McDonald’s, je décidai, un jour de juillet, de me diriger vers le Virgin Megastore local pour acquérir une console ET un jeu. Je ne sais même plus comment j’en avais entendu parler, vu que je ne suivais pas du tout les actualités gaming à l’époque, mais une chose était sûre: je voulais jouer à ce jeu, non je devais jouer à ce jeu.

Ainsi, pour un peu moins de 180€, je rentrais chez moi avec dans la main ma toute première console, et mon premier jeu console…

2008: Débuts pauvres

Bien sûr, j’ai vite réalisé pourquoi mes parents ne voulaient pas m’acheter de consoles de jeux dans mon enfance: le coût d’une console était bien trop conséquent si les prix des jeux venaient ensuite s’y ajouter. Et même si la PSP incluait un navigateur web rudimentaire, et un lecteur MP3 qui a été sa fonction principale lors de quelques séjours, dans la pratique, ça n’était pas vraiment un objet pérenne…

Crisis Core: Final Fantasy VII

Je n’ai pas assez de qualificatifs pour décrire ce jeu, ressorti récemment dans une édition Reunion sur consoles modernes. Préquelle du classique intemporel, le jeu avait tout pour me plaire: une histoire géniale, un gameplay original pensé pour la portable et en partie inspiré de l'autre série phare de Square-Enix à l'époque, GACKT, une bande-originale mémorable3, et une fin poignante qui vient donner tout son sens à une scène qui n’était qu’un événement optionnel du jeu d’origine.

Hey…would you say I became a hero?
— Zack, Crisis Core: Final Fantasy VII (2006)

Un plaisir parfois lent, qui doit avoir un feeling très différent une fois transposé sur une console de salon4, mais qui a parfaitement justifié son achat.

Castlevania: The Dracula X Chronicles

En termes de valeur, difficile de faire mieux que ce jeu, qui en incluait trois: en surface, un remake de Castlevania: Rondo of Blood, dans lequel on pouvait débloquer le jeu original, ainsi que le classique dont je parle constamment: Castlevania: Symphony of the Night.

En plus, j’ai souvenir de l’avoir eu à un très bon prix. Génial.

Final Fantasy Tactics: The War of the Lions

Décidément, Square-Enix savait exploiter la console. J’avais déjà commencé ce jeu dans sa version originale sur PS1, mais cette adaptation de qualité était très agréable à prendre en main, et les nouvelles cutscenes animées dans un style très “crayonné” apportaient une nouvelle identité au jeu.

Mais bien sûr, comme beaucoup de jeux longs et presque trop répétitifs, je ne l’ai jamais fini…

2010: À peine plus de jeux

Je n’ai même pas souvenir d’avoir acheté d’autres jeux entre-temps. Même si le rayon des jeux PSP était bien fourni, rien ne trouvait vraiment grâce à mes yeux, et de toutes façons, mes finances ne pouvaient pas justifier d’achats irréfléchis.

Kingdom Hearts: Birth by Sleep

Ma soeur et moi sommes très friands de la série Kingdom Hearts, donc quand une édition collector de Kingdom Hearts: Birth by Sleep, dernier jeu de la série, a été annoncée, ce fut son choix comme cadeau vu qu’il sortait pile-poil pour mon anniversaire, et servait à peu près de félicitations pour la reprise de mes études (et probablement d’excuse pour m’emprunter ma console à ce moment-là afin qu’elle puisse terminer le jeu avant même que je ne puisse le commencer).

Découpée en trois scénarios, et avec de nouveaux protagonistes, cette préquelle introduisait peut-être plus de questions que de réponses, une tendance dont Nomura n’arrivera pas à se détacher, même quinze ans plus tard…

Bien que plus compact, le jeu conservait le gameplay des opus précédents sur PS2, et y ajoutait certaines idées qui se retrouveraient dans le longuement attendu troisième épisode.

Malheureusement, les cours, mêlés à mes velléités de complétion de jeux, m’ont fortement handicapé. À ce jour, sur les trois scénarios du jeu, je n’ai fini que celui de Terra…

Star Ocean: First Departure

Je ne sais PAS comment j’ai réussi à finir ce jeu. Ou plutôt: je sais comment j’ai réussi à ne jamais lancer sa suite: elle nécessite des tonnes de min-maxing dès la première minute, ce qui implique de jouer avec un guide à la main…

Pour ce jeu donc…la série partageant son origine avec celle des Tales of, on y retrouve les mêmes problèmes de combat trop brouillon pour moi, malgré un scénario de fantasy (aux éléments faussement estampillés SF) très plaisant.

2013: Mod it like it’s hot

Étant donné le peu de temps que je passais sur ma console, je ne sais pas comment j’ai justifié mentalement le fait de l’apporter avec moi lorsque j’ai déménagé à Paris. Et je ne sais pas non plus comment je me suis retrouvé dans cette boutique parisienne qui me proposait de la modder pour y installer des jeux gratuits. Un mod qui m’aura coûté 20€, se sera avéré n’être pas dans sa version la plus récente, et que j’ai désinstallé par inadvertence, avant de trouver le plus récent en ligne, et découvrir que j’aurais pu installer celui-ci dès le début, sans les manipulations du magasin…

Mais enfin: un monde nouveau de jeux vidéo s’ouvrait à moi!

Tombi!

L’une des plus belles prouesses du Sony d’une certaine époque était son support de la rétro-compatibilité. Ainsi, la PS2 ET la PSP supportaient, en plus de leurs jeux natifs, les jeux de la PS1. J’ai donc pu prendre un grand plaisir dans ce jeu 2.5D, que j’avais découvert en 1998 au palais des expositions de Marseille sur une borne de libre jeu, et dont un dialogue assimilant la tignasse du héros à celle du héros d'un célèbre manga…

Le jeu est très bon, sa suite est ridicule, et sa ressortie en 2025 est une preuve de son style indémodable.

Les potes de Sony: God of War, Silent Hill, Jak & Daxter,…

Avec le temps, la PSP avait eu droit à beaucoup d’expériences spin-off des célèbres séries de ses grandes soeurs. Du côté du demi-dieu Kratos, on retrouve donc Chains of Olympus, une préquelle, et Ghost of Sparta qui se place au début de la franchise. Les deux jeux restituent efficacement le feeling des épisodes numérotés, et se sont avérés être assez bien placés pour qu’un néophyte de la franchise (comme moi) puisse les apprécier sans se sentir perdu. Les jeux étaient si bons, que retraverser leur adaptation HD sur PS3 quelques années plus tard a été un grand plaisir pour moi.

Du côté de Silent Hill, c’est plus mitigé. J’ai d’abord joué à Shattered Memories, qui était initialement pensé pour la Wii et s’est retrouvé parachuté sur PSP, avec un gameplay vraiment pauvre. Heureusement, la préquelle Origins s’est avérée bien plus plaisante à jouer, même pour un touriste comme moi qui n’avait jamais réussi à aller bien loin dans les rues brumeuses de la ville.

Enfin, si j’étais totalement passé à côté de la série originale, découvrir Jak and Daxter: The Lost Frontier fut un très bon moment de jeu vidéo. Le jeu n’est pas spécialement “marquant”, mais il reste une aventure de plateformes 3D agréable à jouer.

…et des abandons en pagaille

Étrangement, même si je suis capable de lister des jeux que j’ai terminés et adorés, je suis aussi marqué par les jeux que je n’ai pas réussi à terminer, alors que j’en avais très envie. En plus de ceux mentionnés plus haut, je me souviens notamment de Persona 3 Portable, Xenogears, et Chrono Cross.

Tandis que j’écris ces lignes, je participe au FFV Four Job Fiesta, ce qui est ma seconde (ou troisième je sais plus) run de Final Fantasy V. Même avec les contraintes du Four Job Fiesta5, et en connaissance à peu près totale du scénario, je suis toujours happé par le jeu, son gameplay, ses difficultés,… À l’opposé, les jeux mentionnés plus tôt relèvent encore de l’inconnu pour moi, je veux découvrir leurs histoires6, leurs aventures, leurs rebondissements,… Mais je n’y arrive pas.

À ce jour, je n’ai toujours pas d’explication à ce sujet.

Troisième anniversaire et Parasite Eve

Je ne sais plus du tout lequel j’ai fait en premier, mais je soupçonne que The 3rd Birthday a été le premier pour moi. Nomura avait le vent en poupe, et est donc sorti ce jeu étrange, où l’on incarne Aya Brea dans un shooter étrange où elle peut sauter de corps en corps, tout en perdant ses fringues à mesure que les dommages augmentent.

Si le jeu est clairement le PIRE de ce que Nomura peut produire, que ce soit en termes de scénario (alambiqué sans raison), de gameplay (ridicule), ou de fanservice (déraisonné), il a eu le mérite de me ré-introduire à une grande saga (au destin étrange) du jeu vidéo.

En 1997, dans le numéro 66 du magazine Joypad, je découvrais un article sur Parasite Eve, présenté comme “l’après-FFVII”7. Un jeu tout aussi beau, loin des univers fantastiques et placé dans un NYC contemporain, où l’on incarnait Aya Brea, une femme-flic qui ne se laisse pas faire, tandis qu’elle affronte des créatures monstrueuses issues de la science…

Inutile de dire que le jeu est magnifique sur tous ses aspects. L’histoire courte se contient parfaitement, l’aventure est très plaisante à suivre, très cinématographique, le gameplay de combat est d’un style vraiment unique à base de mouvements et d’armes à feu,… Ce n’est pas pour rien que j’ai fini le jeu plus d’une fois, et que j’ai abusé plus d’une fois de son mode New Game + afin de devenir un sexy shoeless god of war8.

Quant au second épisode de la série, il est le préféré de certains, mais je déteste ce nouveau gameplay inspiré de la série Resident Evil…

2015: Devenir sérieux

En 2015, nouveau job, nouvelle copine, et nouvelle routine. Ainsi, chaque matin, je profite de ma demi-heure de tramway/RER/métro pour jouer à la console dans les bras de ma compagne, ce qui sera peut-être ma période la plus prolifique sur la console…

Des classiques à la pelle!

Je connais mes limites, et même si j’ai eu plus d’une fois l’occasion de télécharger les jeux de la série Trails, le seul qui a attiré mon attention assez longtemps pour que j’ose y jouer fut le spinoff Nayuta no Kiseki, à l’époque exclusif au Japon. Clairement, je n’étais pas vraiment prêt pour des jeux nécessitant autant d’attention que les Trails, et cette aventure de type action-RPG, là encore pensée pour la portable, était tout à fait faisable, avec beaucoup de plaisir.

En revanche, relisant mes notes, je m’interroge sur la présence de Valkyrie Profile: Lenneth. Je sais que j’ai fini le jeu, mais je m’étonne d’avoir pu le finir à cette époque de ma vie, tant le jeu nécessite des ajustements de tous les instants pour qui veut accéder à la meilleure fin du jeu9… Le jeu est très bien, mais je doute que j’aurais pu avancer dans le jeu sans avoir constamment un guide à côté.

Déjà mentionné sur ce blog, c’est aussi à cette époque que j’ai terminé pour la première fois Ys: The Oath in Felghana. Rien à ajouter, et j’ai encore un doux souvenir d’attendre le TGV pour Marseille avec ma compagne, le jeu à la main…

C’est aussi à cette période que, grâce à mon nouveau job qui paye très bien, je me décide à acheter d’occasion les versions collectors de Persona 3 Portable et Final Fantasy IV: The Complete Collection. Deux jeux qui attendront patiemment sur mes étagères pour ne jamais être insérés dans ma PSP, et que je revendrais quelques années plus tard.

La Corée du jeu

La jaquette de Astonishia Story m’a longtemps intrigué quand je la voyais. J’ai donc enfin décidé d’y jouer, puis à sa suite, Crimson Gem Saga. Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Si les jeux sont très jolis, ils ont vraiment des soucis de finition, certains morceaux de l’histoire sont totalement incompréhensibles, et sont vite répétitifs.

Ce qui me ramène aux questionnements précédents: comment suis-je capable de perdre une semaine sur une purge, mais pas de passer trois jours attentionnés sur un jeu que j’aime?

2017: Mise à jour

Il y a bien d’autres jeux que j’ai commencés, pas terminés, tentés,… je pense notamment à Z.H.P. Unlosing Ranger VS Darkdeath Evilman, un jeu totalement fou de Nippon Ichi, qui m’a vite appris que si j’admire la profondeur de leurs systèmes, je reste imperméable à la discipline requise par leurs jeux…

Mais c’est surtout cette année que je passais le cap d’une nouvelle console. Aidé par l’argent, et beaucoup de séjours au Japon, je profitais de l’un de ceux-ci pour acquérir une PlayStation Vita, de couleur Cosmic Red, bien sûr. Dotée d’un second stick analogique, d’un écran plus grand, et d’une rétro-compatibilité PSP10 (et donc PS1), la console venait juste d’être touchée par l’exploit HENkaku, qui me permettait d’essayer aisément tous les jeux que je voyais dans les magasins de jeux vidéo d’ Akihabara.

Et c’est aussi à cette période, donc, que ma PSP va retrouver sa sacoche de transport et ne plus la quitter…

2026: Dire au revoir

Dans quelques mois (je n’ai plus la date exacte, mais je dirais vers août), ma PSP aurait fêté ses 18 ans en ma possession. Elle ne les aura pas atteints.

Cela fait déjà quelques mois que je garde ouverts des tweets mentionnant les gonflements de batterie qui affectent la console (mais pas la mienne!), et je réalise qu’entre mon Mac, ma Switch, ma 3DS, ma PS3, ma PS4, ma PS5, ma PS Vita, et ma PSTV11, je n’ai plus besoin de cette console, et je n’en aurai, bien tristement, plus jamais besoin. Je l’ai donc mise en vente.

Il m’a fallu une petite demi-journée pour me motiver mentalement à accepter la vente sur Vinted, et cet article, qui inaugure la catégorie 🧠 Dans ma tête de ce blog, est un doux remède au petit pincement au coeur qui m’a envahi lorsque je l’ai emballée avec soin pour l’expédier. Mais je ne suis pas inquiet: sa nouvelle propriétaire l’aime déjà beaucoup, et je sens qu’elle saura en prendre soin.


  1. Époque bénie où l’on pouvait trouver des disquettes dans des magazines, contenant une demi-douzaine de jeux zippés sur 1.44MB. ↩︎

  2. Époque honnie où DirectX ne gérait pas les abstractions matérielles… ↩︎

  3. Il m’est arrivé une fois de lancer le combat final du jeu et mettre en pause juste pour écouter en boucle ce banger ultime qu’est The Planet Has Become My Guardian. ↩︎

  4. Je découvrirais que ce genre de transitions peuvent être très mauvaises, lorsqu’en 2020 je jouerais à la version PS4 de Final Fantasy Type-0… ↩︎

  5. Le Four Job Fiesta est une manière de jouer où le joueur est limité à seulement quatre classes, parmi la trentaine que comporte le jeu. ↩︎

  6. Surtout Chrono Cross, j’ai besoin d’entendre The Girl Who Stole Stars en jeu… ↩︎

  7. Que je n’avais pas fait à l’époque! ↩︎

  8. Aya n’est jamais pieds nus dans le jeu, et commence même le prologue en talons dans des égouts, mais j’aime trop cette phrase. ↩︎

  9. C’est particulièrement cryptique, vraiment. ↩︎

  10. La console embarque les composants originels d’une PSP, et peut même lancer son OS complet en interne. ↩︎

  11. La PSTV est juste une PS Vita sans écran qui se branche directement sur une TV. ↩︎

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