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🎮 Bloodstained: Ritual of the Night

J’ai reçu une PS5 il y a peu, et je ne suis pas encore prêt à attaquer le MASTODONTE pour lequel on m’a offert ce beau bébé. Je me suis donc dit qu’il serait temps de finir mes jeux PS4 physiques, et mon choix s’est porté sur… Ah ben tiens, ne serait-ce pas not-Castlevania que voila? Juste assez court pour le terminer pour la nouvelle année!

L’histoire de not-Castlevania

Avec le capitalisme est venu le financement participatif, et avec lui, l’ouverture rêvée pour certaines vieilles gloires du jeu vidéo “délaissées” par les “grands studios” pour relancer des franchises “oubliées”. On a ainsi eu droit à not-Mega Man1, not-Castlevania2, not-Banjo & Kazooie3, not-Suikoden4, et les studios s’y sont mis aussi, si bien qu’on a eu droit à un not-Dead Space5 par le créateur original qui est sorti à la même période que le remake official sans le créateur. Quel beau bordel, et souvent de beaux gâchis.

Le cas d’exemple, c’est not-Mega Man par Keiji Inafune, un type qui a produit des jeux que j’adore6, mais qui s’est fait connaître du grand public à une époque où il était plus simple de mentir sur internet, et s’est donc fait mousser en se faisant passer pour le créateur des séries Mega Man et Onimusha, tout en promettant que son jeu allait revenir à la genèse d’un concept de son invention, que le vilain Capcom avait vite dénué de sens, et proposer ce qui serait “le vrai Mega Man”. Ce qui fut un succès monétaire pour lui, et une déception vidéoludique pour les joueurs et la communauté en général. Un comble de la part d’une personne habituellement compétente et qui a su produire d’autres jeux.

J’étais donc fort circonspect à l’annonce de ce jeu, à grand renfort de “IGA’s Back!”, Koji Igarashi n’ayant pas brillé par ses idées, au-delà de la conception du Metroidvania originel7, et ses essais subséquents du genre donnaient toujours l’impression de manquer d’un truc. Dans Harmony of Dissonance, c’était un jeu assez creux qui cherchait trop à copier SOTN. Il avait fallu attendre Aria of Sorrow et sa suite Dawn of Sorrow pour enfin arriver à une mécanique (à peu près nouvelle) où armes, sorts, améliorations,… étaient récupérés sur les cadavres des ennemis, ce qui sonne très “normal”, mais avait une présentation très différente qui donnait une sensation de nouveauté. Quant à Portrait of Ruin, il semblait plus fourre-tout et brouillon, multipliant les zones, mais introduisait un gameplay à deux personnages totalement bancal. Enfin, sa carrière de producteur s’arrêtait en 2008 avec Order of Ecclesia, qui reprenait le système des deux épisodes Sorrow, et surtout était le premier à mettre une femme en personnage principal d’un épisode de la série.

Castlevania: Order of Ecclesia 2

Dix-sept ans plus tard, et je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir joué au “vrai Metroidvania par le créateur du genre”, mais plutôt à l’épisode de Castlevania qui serait sorti chez Konami si ces derniers n’avaient pas préféré d’autres propositions avant de pivoter sur le très lucratif marché des jeux mobiles.

Donc, reprenons. Une héroïne féminine: check. Qui peut absorber dans son corps les pouvoirs des ennemis qu’elle tue: check. Une carte du jeu qui dépasse le château et inclut un village et même un bateau: check. Un scénario où il y a un traitre dans l’église: check.

Mais au final, il n’y a vraiment rien de nouveau qui puisse justifier qu’on aligne du blé pour ça, et c’était aussi l’avis de Konami en 2013 qui avaient préféré le concept de Castlevania en 3D par MercurySteam aux projets d’Igarashi, qui n’avait plus été capable de convaincre et produire quoi que ce soit de neuf…

Castlevania: Canon of Echoes

Entendons-nous bien: Bloodstained n’est pas un mauvais jeu. Mais il ne mérite pas la hype à laquelle il a eu droit. Rien en lui ne ressemble à un “chef-d’oeuvre” ou une apogée, juste un fatras d’idées dans tous les sens, comme l’énième tentative d’un studio indé’ qui aligne les jeux d’une série pour trouver la bonne formule. Ainsi, la moitié des éléments ont l’air de ne pas coller ensemble. Qu’est-ce qu’un Samurai fout au milieu de cette histoire (qui se déroule désormais en Angleterre), et en quoi son sabre serait-il important pour le scénario?8

Même les idées réellement nouvelles sonnent comme des pétards mouillés. Ainsi, l’aptitude d’inversion de gravité, qui est l’aptitude endgame pour accéder à toutes les zones en hauteur est dingue les cinq premières minutes où l’on l’utilise, et l’on réalise vite que beaucoup de zones ont été pensées pour les deux gravités, rappelant ainsi le travail sur le chateau inversé de Symphony of the Night. Un émerveillement qui ne durera jamais plus d’un quart d’heure, moment à partir duquel une nouvelle aptitude sera disponible qui permettra d’enchainer les double-sauts de manière infinie, rendant le changement de gravité TOTALEMENT INUTILE.

Et puis il y a cet étrange fanservice qui permet au joueur de relooker l’héroïne selon son équipement (soit), mais surtout la… recoiffer. Là encore: pourquoi?

Au final, même si le jeu est un moment vidéoludique sympathique et acceptable, tout ce qui l’entoure apparaît comme une énorme branlette sur “Castlevania, c’est moi!”, et les aventures DLC ou spinoffs du jeu sur le modèle “Castlevania Classic” ne sont pas convaincantes non plus. Mais bon, le plaisir d’explorer et de défoncer des monstres est là, donc pour une trentaine d’heures, on peut accepter d’écouter Koji Igarashi se gargariser de sa verve.


  1. En 2013, le fameux Mighty No. 9 par Keiji Inafune. ↩︎

  2. En 2015, le fameux Bloodstained: Ritual of the Night par Koji Igarashi. ↩︎

  3. En 2015, le fameux Yooka-Laylee par Chris Sutherland. ↩︎

  4. En 2020, le fameux Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes par Yoshitaka Murayama. ↩︎

  5. En 2020, le fameux The Callisto Protocol par Glen Schofield. ↩︎

  6. Un jour, je parlerais de la série spinoff des Mega Man Zero. ↩︎

  7. Une paternité toujours discutée à ce jour: il n’était pas producteur de ce jeu, et il semble plutôt que le concept soit venu d’un mélange d’idées de toute l’équipe créatrice. ↩︎

  8. Petite blague, le nom du sabre se traduit à peu près en “découpeur de lune”… ↩︎

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