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📚 Mawaru Penguindrum (Light Novel)

Sans le post de Tetho à ce sujet, je n’aurais sûrement jamais regardé l’anime Mawaru Penguindrum. Je connaissais déjà Kunihiko Ikuhara pour sa réalisation de la série animée Utena, la fillette révolutionnaire, une série au ton très queer, renversant totalement les genres, mettant les femmes au centre, et dont chaque plan était digne d’une peinture de la Renaissance, débordant de symboliques,… Mais je n’avais pas pris le temps de voir la série, ni même de suivre son travail sur la version animée de Sailor Moon.

Alors j’aurais pu passer à côté de MawaPen, mais heureusement, ce ne fût pas le cas.

Note préliminaire: le terme anglais “penguin”, bien que proche du mot français “pingouin”, désigne en réalité le manchot. Ceci est une erreur issue du langage courant.

Un trio et des manchots

A chaque fois que j’ai sorti l’un des trois tomes de ce livre en public, les gens ont tous été intrigués par les couvertures, remaniées par l’éditeur1, mais lorsque l’on me demandait ensuite de quoi cela pouvait parler, je suis toujours resté interdit, car je ne trouvais pas de réponse concise à donner. Je peux bien tenter de broder un réponse: la série parle de trois enfants vivant seuls, une soeur et deux frères, qui doivent faire face à la mort, à l’irruption de manchots dans leur vie, on y retrouve aussi de la magie, de l’amour, du terrorisme, et un broyeur d’enfants.

Revenons donc à la base: ces trois enfants sus-cités vivent seuls, et la soeur passe de vie à trépas du jour au lendemain, avant de revenir tout aussi subitement à la vie grâce à un objet magique, qui enverra tout ce petit monde dans une quête semée d’embûches, de questions, et de beaucoup de symboles de manchots partout…

Des entrepôts pour les marmots

Il existe des oeuvres dont les multiples couches sont si bien agencées qu’elles peuvent toucher des gens des manières les plus diverses. On pense par exemple à La Joconde, ou sûrement à plein de morceaux de musique classique. Plus récemment historiquement, avec l’arrivée dans l’art des images en mouvement, les films et les séries ont rejoint ces oeuvres. L’exemple le plus évident est The Matrix2, avec LOST en série TV, et en animation Japonaise, Neon Genesis Evangelion3. Et Mawaru Penguindrum donc.

J’ai revu la série plusieurs fois, et à chaque fois, c’est toujours le même sujet qui m’a fasciné: le broyeur d’enfants. Dans cet univers, les enfants que leurs parents ne désirent plus, qui ne sont plus considérés comme “utiles” aux monde, sont parkés dans des espèces d’usines, dont les pales d’aération géantes font un boucan d’enfer, avant qu’un tapis roulant s’ouvre sous leurs pieds, pour les mettre au pilon.

Cet élément n’apparaît que dans trois scènes4 des 24 épisodes de la série, mais c’est pour moi le message le plus important transmis à travers la série: le combat pour trouver sa place pour être accepté et exister dans le monde.

Des robots dans le métro

Durant sa diffusion hebdomadaire, la série était régulièrement analysée, comme l’était LOST en son temps5. Très vite, les éléments donnés se sont aggravés: la série faisait référence aux attentats au gaz sarin de 1995 dans le métro de Tokyo, certains personnages “alliés” se révélaient soudainement avoir les pires des intentions envers ces enfants livrés à eux-mêmes,…

Pourtant, la série dans son ensemble reste optimiste, et la relire ici m’a à nouveau rappelé à quel point j’ai toujours aimé la regarder, sans y trouver de “temps mort”.

Une biblio sans scénario

La version livre apporte quelques clarifications bienvenues à la série animée. La narration prend plusieurs points de vue, mais un seul personnage s’autorise l’utilisation de la première personne.

En revanche, l’on n’y trouvera aucuns éléments supplémentaires6, ou même une élaboration des points que j’aurais aimé être moins mystérieux dans la série animée. Même les quelques détails que j’ai pensé y découvrir étaient déjà là dans la série animée, et avaient juste échappé à ma lecture des évènements…

Mais on pourra apprécier lire par quelles pirouettes les éléments les plus fantastiques et visuels de la série sont explicités, comme par exemple la coiffure aux reflets blancs-rosés de Sanetoshi…


  1. Des couvertures de type “protège-cahier”, similaire à celles des mangas, et usant les designs Japonais originaux, ont été distribuées par l’éditeur Akata de manière limitée. ↩︎

  2. Le tout dernier film de la série, Matrix Resurrections contient d’ailleurs une scène dans laquelle un groupe de personnage discute de manière méta-textuelle de l’oeuvre, en pointant une multitude de lectures probables de l’oeuvre, sans que personne n’arrive à se mettre d’accord. ↩︎

  3. Je parlerais de cette saga un jour ici, probablement… ↩︎

  4. Il est aussi mentionné une fois de manière externe, indiquant que cet élément est à la fois réel et fantastique, dans la logique de la série. ↩︎

  5. Je dois avouer que passé la saison 3, j’ai cessé de regarder la série et j’ai uniquement suivi…les résumés hebdomadaires et les théories… ↩︎

  6. Par exemple, la version écrite du film Scooby-Doo contient plusieurs scènes supplémentaires très sympathiques. ↩︎

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