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📺 Daredevil: Born Again (S1-S2)

Fût une époque, il y a eu des séries Marvel sur Netflix. Très souvent, la première saison a été très bien reçue, et les suivantes ont perdu en intensité. Ainsi, Daredevil, la première série sortie, a beaucoup fait parler d’elle en bien1, idem pour Jessica Jones, un personnage plutôt méconnu à l’époque, mais qui a brillé par son antagoniste2, et Luke Cage a été assez bien reçu aussi. Par contre, dès qu’on est arrivé à Iron Fist, c’était foutu. L’acteur principal n’était pas assez convaincant en maître des arts martiaux, plus les problématiques d’appropriation culturelle, etc… Si bien que quand est arrivée The Defenders pour leur servir de crossover, la hype était déjà retombée. Si bien que je n’ai même pas pris la peine de regarder la série The Punisher car…je m’en foutais un peu, son arc “live” ne m’intéressant pas outre-mesure.

Et donc, dix ans (et un caméo dans un film) plus tard, Marvel décide de redonner vie à cet univers qui semblait avoir fini dans les mêmes limbes où disparaissent les personnages de comics non utilisés…

Même joueur joue encore

Il y a quelque chose de très ennuyeux dans tout ça.

Déjà, il m’a fallu revoir la S3 de Daredevil, que j’ai réalisé que je n’avais pas vue à l’époque. C’était très ennuyeux, et surtout, j’ai ressenti une grosse lassitude dans le propos: Fisk, Fisk, et encore Fisk. La S2 de Daredevil utilisait le syndicat ninja The Hand, tandis que la S3 introduisait Bullseye, mais Fisk est omniprésent comme nemesis, à un niveau qui frôle l’overdose.

Bien sûr que Wilson Fisk est un antagoniste majeur du canon de Daredevil, mais la volonté de “réalisme” et de cynisme du MCU donne vraiment l’impression que les auteurs s’interdisent de puiser dans l’historique du personnage, aux ennemis parfois plus farfelus, comme par exemple The owl, ou Stilt-Man

Born Again

Le pire étant ce titre, Born Again, qui se veut comme un écho à l'un des arcs les plus célèbres du personnage, et souvent reconnu comme INSTRUMENTAL dans l’évolution du médium entier. Si depuis 2001 on peut déplorer les penchants politiques de Frank Miller, la qualité et l’impact de son écriture sur le comic-book Daredevil sont indéniables3.

Là, le titre est repris pour…qui sait. Marketing qui fait mouche?

Car cet arc (coupé en deux saisons!!!) n’a rien de Born Again, loin de là. Donc on commence par la mort de Foggy4, puis Matt qui abandonne le masque5, Fisk qui devient le maire de New York6, tandis que sa femme embrasse pleinement la vie de boss de la mafia7,…

C’est bien gentil, mais ça dure trop longtemps: la moitié de l’intrigue est perdue sur du cast secondaire dont on a rien à foutre, et on se retrouve donc avec une intrigue qui s’étale sur deux saisons quand elle aurait pu tenir en une seule. J’ai beau être habitué à la lenteur des arcs de Bendis, même pour moi c’est trop.

Le seul point positif de tout ce machin? L’épisode 5 de la première saison, qui oublie totalement l’arc de la saison pour décrire un magnifique huis clos où Matt se retrouve coincé dans une banque lors d’une prise d’otage le jour de la Saint-Patrick, sans pouvoir intervenir. Une réussite.

Au final, même les caméos de Jessica et Luke n’ont pas aidé, et même les leaks de la (future) troisième saison qui promettent le retour de Iron Fist, qui est pourtant un personnage que j’apprécie, ne me font rien. Les premières saisons avaient su trouver un ton “street”-level très agréable à suivre, mais cet arc “maire de New York” n’a plus rien de réaliste dans un univers partagé cinématique qui veut nous faire croire que Spider-Man combat activement le crime à New York… Pas convaincant, pas convaincu.


Brian Michael Bendis</wiki>.

  1. Ah putain ce combat dans le couloir, tellement de puissance et de nervosité, la manière dont Daredevil lâche un dernier punch à moitié épuisé en utilisant sa chute comme force supplémentaire pour accentuer le coup, quel génie. ↩︎

  2. Magistral David Tennant totalement diabolique en Homme-pourpre↩︎

  3. Si bien qu’à mon gout, il a réussi à parfaitement décrire le personnage de Captain America en une seule réplique: “I am loyal to nothing, General. Except the dream.” ↩︎

  4. Comme dans The Devil in Cell Block D, d’ Ed Brubaker↩︎

  5. Comme dans Know Fear, de Chip Zdarsky↩︎

  6. Comme dans Devil’s Reign, de Chip Zdarsky↩︎

  7. Comme dans Underboss, de  ↩︎

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