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📺 Funky Cops

Il y a quelque chose d’à la fois fou et évident dans cette série animée française dont le concept repose sur son titre: Ace et Dick sont deux flics de San Fran’, en plein âge d’or du disco, et ils poursuivent des criminels hauts en couleurs, le tout saupoudré d’une tonne de références pop-culture.

Give me the Funk

Dès le générique, composé par DJ Abdel, on est plongé dans l’ambiance. Avant même de voir le duo, on découvre leur moyen de locomotion: une magnifique Pontiac Firebird Trans-Am de 19711 qui saute dans les pentes de SF. Premier plan à l’intérieur: on voit les mains de Dick sur le volant, couvert de fourrure, et une paire de dés, en fourrure aussi, accrochée au rétro. Enfin, nos héros sortent de leur bolide, prêts à intervenir. Ace porte une afro et une cravate, tandis que Dick est reconnaissable à ses lunettes toujours vissées sur sa tête, et sa bolo tie. Le reste du générique alterne entre les autres personnages de la série, et des scènes de danse de nos héros au Boogie Palace, le lieu de rendez-vous de tous ceux qui sont prêts à déhancher leur corps. Avec toute cette danse, on se demanderait presque s’ils auront le temps de faire des enquêtes…

La série fait le choix de ne pas répondre à cette question: nos héros seront compétents (ou non) selon ce que le scénario réclame. Ils pourront donc être au coeur de l’enquête et totalement investis, ou complètement ignorants des crimes qui se trament autour d’eux, mais vont quand même les résoudre. Il en va de même pour le duo d’enquêteurs qui leur sert de rivaux, deux gros bras en costards noirs qui se rêvent en futures recrues du FBI: ils seront capables d’être la voix de la raison d’une enquête, aussi bien que des abrutis finis à la pisse qui font tout capoter.

J’en avais déjà parlé dans un autre contexte: je déteste qu’un média refuse de décider de son niveau de lecture et les mélange selon sa volonté, sans que le spectateur sache vraiment à quoi s’attendre.

You know my Funk

Je soupçonne que cette double-lecture provienne des scénarios de la série, qui alternent entre idées à peu près originales, hommages aux films de blaxploitation, et juste hommages tout court. Nos deux héros deviennent donc des “supports” qu’il faudra plus ou moins adapter chaque semaine selon le scénario dans lequel ils seront propulsés.

Même si les références principales sont Starsky et Hutch (pour le personnage de Dick, et le duo), et Shaft (pour le personnage de Ace), on retrouvera donc des criminels fringués comme les bons vieux pimp à gros manteaux de fourrures, une mafia chinoise qui décore ses bureaux comme la 37e chambre de Shaolin, une mafia italienne bien macho,… Tous les genres s’y retrouvent dans un gloubi-boulga très jouissif.

Mention spéciale à un épisode intitulé “22” qui parodie la série 24 et se déroule en 22 minutes en temps réel. C’est un concept vraiment unique, très couillu, et créatif: je ne peux que m’incliner et reconnaître la maîtrise.

One more Funk

Je ne le savais pas avant récemment, mais il existait une seconde saison de cette série. Elle ne change vraiment le concept que sur un point: nos héros sont enfin accompagnés par un personnage féminin, au rôle assez étrange. Étant la seule2 femme de la série, elle ne peut pas être présentée comme aussi incompétente que nos héros, et sera plutôt leur sorte de garde-fou, sans jamais entrer dans le rôle de love interest de qui que ce soit. Le scénario fera tout de même des efforts pour la “dérider” et lui donner de la profondeur, plutôt que d’en faire une pisse-froid qui ne sait qu’obéir aux ordres, notamment en révélant que même si elle ne partage pas le goût de notre duo pour la danse, elle était chanteuse de funk avant d’être flic!

Même si cette vision des buddy movies des 70’s est clairement édulcorée, et que les combats se règlent généralement avec du kung-fu fighting, ou des excuses de scénario, plutôt qu’avec le Smith & Wesson Model 29 démesuré de Dick3, le plaisir de baigner dans cette ambiance et ces références ne s’épuise jamais. Avec en bonus, des références à foison pour les habitués du genre.


  1. Mais comme le mentionne la page Wikipedia de la série, ce serait plutôt le modèle de 1973… ↩︎

  2. Les autres femmes de la série sont une journaliste compétente (mais avec son propre agenda) à peu près récurrente, les conquêtes/ex de nos héros, ou des femmes mariées tyranniques… ce qui est correct vu le matériau qui a inspiré l’ambiance de la série. ↩︎

  3. Qu’il a, bien évidemment, volé à L'Inspecteur Harry! ↩︎

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