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📺 Blake et Mortimer (Série TV)

Dès mon plus jeune âge, j’ai grandi dans les bandes dessinées, avec surtout Tintin, même si son côté lisse m’a vite fait lui préférer Spirou1. Mais dans les grands héros de la ligne claire, il y avait d’autres héros que j’appréciais fortement: Blake et Mortimer.

Entre tradition et modernité

Même si ma découverte de la série ne s’est faite qu’à travers le diptyque Les Trois Formules du professeur Satō, dont seul le second album m’était disponible, j’ai vite pu découvrir tous les autres albums de la série. Mais en soi, il correspond totalement aux niveaux de récit de la série: de l’intrigue, de l’aventure, de la science-fiction, et du fantastique.

Après la mort de Jacobs2, la série est reprise par plusieurs auteurs, qui vont tous donner dans les mêmes thèmes: du voyage temporel, de la menace extraterrestre, des personnages historiques et mythologiques,… Ce n’est pas mauvais, mais par moments, la verbosité de certains albums me paraît extrême comparée à ce que faisait Jacobs.

Lignes claires animées

À la manière de beaucoup d’albums de la série, les épisodes sont des diptyques…même ceux qui n’adaptent qu’un seul album. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, ce n’est pas problématique3, et les épisodes sont correctement adaptés aussi bien pour être raccourcis que rallongés.

Car oui, il s’agit bien d’une adaptation. Que j’ai trouvée plutôt fidèle d’après mes souvenirs de la bande dessinée. Il y a des ajouts assez étranges, comme un personnage genderbent dans L'Énigme de l'Atlantide qui devient une femme pour donner un love interest à Mortimer, tandis que ce dernier a désormais une cousine qui servira de love interest à Blake dans L'Affaire du collier. Certaines intrigues seront aussi raccourcies, comme Les Trois Formules du professeur Satō où les trois formules éponymes sont simplifiées en un seul MacGuffin. On notera aussi que Blake est totalement réintégré à l’intrigue dans Le Piège diabolique, ce qui n’est pas totalement déconnant. Toutefois, même si l’adaptation se veut un produit plus grand public, et simplifié, elle n’en devient pas édulcorée. Ainsi, à ma grande surprise, alors que je pensais que L'Affaire Francis Blake allait éviter de montrer la mort d’un personnage en le retirant de l’intrigue, il n’en est rien et celui-ci est bien abattu de manière aussi peu cérémonieuse que dans l’album original.

Aux dix-huit épisodes adaptés des douze4 s’ajoutent quatre aventures inédites pour arriver aux 26 épisodes requis pour une double saison. Même s’ils ont tendance à plus lorgner sur le fantastique que sur le scientifique, ils restent étrangement précurseurs du ton qu’aura la série originale plus tard, introduisant ainsi une invasion extraterrestre avec seize ans d'avance, une aventure sur les traces d’un personnage historique avec dix-neuf ans d'avance,…

À la manière de la série animée Tintin avec qui elle partage un studio de production, cette adaptation animée des plus british des héros franco-belges est un très bon outil pour revivre ces aventures.


  1. Notamment le run de Tome et Janry. ↩︎

  2. Dont j’étais persuadé que le deuxième prénom était “Paul”, alors qu’il s’agit de “Pierre”. ↩︎

  3. Si vous passez outre l’ordre des épisodes sur PrimeVideo qui est scandaleux. ↩︎

  4. Sur les neuf premiers albums, seuls trois sont des diptyques. ↩︎

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