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📺 Nancy Drew (2019)

Après Veronica Mars, j’étais un peu en manque d’une série du genre. Le bon mix entre l’intrigue qui couvre la saison et les petits mystères à chaque épisode. À ce sujet, ChatGPT m’a donc recommandé cette série Nancy Drew, adaptation télévisée de l’héroïne de romans connue en France sous le nom de Alice Roy.

Des détectives et du surnaturel

Je n’ai aucune idée de la portée des romans originaux, mais dès le premier épisode, l’ambiance est posée: dans les paysages sombres et brumeux du Maine, un fantôme observe l’héroïne tandis qu’un meurtre survient dans le restaurant où elle travaille. Cet évènement servira à lier entre eux tous les personnages dans la recherche du meurtrier, qui sera vite liée à celle d’une mort mystérieuse survenue dix-neuf ans plus tôt…

Dans cette première saison, l’aspect surnaturel sait se faire discret. Chacun des cinq protagonistes est lié à l’enquête de près ou de loin et les révélations s’enchaînent à chaque épisode, pour le plus grand plaisir du spectateur. Le mystère est vraiment bien ficelé, au moins autant que les twists finaux des premières saisons de Veronica Mars et Riverdale.

Le surnaturel prendra une place énorme dans quelques épisodes où, à la manière d’un bouquin de Stephen King, les esprits des morts peuvent prendre possession des vivants. Mais cela restera étrangement acceptable dans la diégèse de la série, le mystico-blabla ayant toujours une certaine justesse, et répondant à mon interrogation passée: “Et s’il existait une série policière où tous les meurtres sont commis avec l’aide de la magie?”.

Malheureusement…

Des ados et des fantômes

La première saison terminée, il faut poursuivre les intrigues, aussi bien pour les personnages que pour l’environnement. Et c’est là que tout se casse la gueule.

Si les personnages sont toujours aussi bien écrits et très appréciables, le besoin de donner des rebondissements à leurs relations entraîne des engueulades et ruptures qui n’ont rien à foutre là, comme si la série se refusait à s’accorder un statu quo.

Et côté intrigues, c’est encore pire… Si ChatGPT m’avait assuré dès le premier épisode que “T’inquiète frère, ça devient pas aussi tordu que Riverdale”, c’est malheureusement le cas: chaque saison entraîne un mystère surnaturel toujours plus improbable et toutes les intrigues épisodiques deviennent liées au surnaturel, nos héros se découvrant vite des capacités d’exorcisme dignes de Supernatural. Alors on pourrait espérer que la série, à défaut de devenir un fourre-tout fantastique, conserve la cohérence d’écriture qui manquait à Riverdale1, mais là encore c’est la débandade: la troisième saison introduit des sociétés secrètes, des conspirations, et un lore gigantesque qui sera…totalement abandonné dans la dernière saison, qui se terminera sans la moindre saveur.

Toutefois, au cours de ses 62 épisodes, le seul dont le “bla-bla-bullshit” m’a fait tiquer fut celui utilisé par un personnage au génie scientifique. Est-ce mon propre biais cognitif qui me laisse accepter du surnaturel dans une série, mais pas le Techno Bla-bla mal écrit? Mais cela fonctionnait, surprenamment bien.

Ainsi, difficile de recommander cette série, et je me dois de revoir sa notation à la baisse: les personnages sont de faibles imitations de leurs originaux et l’intrigue se casse la figure après la première saison. Seule reste son ambiance, ses forêts, et ses ruelles sombres et brumeuses.


  1. On ne va pas se mentir, terminer une saison par un cliffhanger (une tentative de meurtre), sans avoir la moindre idée de qui en est le coupable, c’est PAS un plan d’écriture. ↩︎

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