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🎬 Now You See Me: Now You Don't

Difficile de suivre la franchise Now You See Me, de son titre français Insaisissables. Neuf ans après le second film, un délai qui s’explique par la difficulté à réunir tout ce beau monde, est-ce qu’on avait VRAIMENT besoin de ce film?

Vous me voyez?

Le premier épisode avait un cast totalement fou au top de leur fame, mettait en avant la prestidigitation pour des plans dignes de Ocean’s Eleven avec toujours une info cachée au spectateur pour rajouter la surprise. Si tout reposait sur des tours “réalistes”, le premier film se terminait sur une scène pseudo-cliffhanger qui laissait croire qu’il existait une société secrète dont l’appartenance permettrait de pratiquer une “vraie” magie existait. Le second film reprenait la moitié des antagonismes introduits dans le premier pour les retconner1, oubliait totalement l’idée de “magie”, introduisait Jay Chou pour obtenir des investissements chinois (what else), y ajoutait la meilleure représentation d'illusionnisme à base de cartes à jouer et donnait à tous ces tours de prestidigitation une apparence “réelle” dont la quantité de préparation totalement absurde parvenait malgré tout à impressionner le spectateur sans jamais briser la suspension consentie d’incrédulité.

Toutefois, après un film, et au bout d’un deuxième, les twists sur twists sur contre-twists, et autres “Je savais que tu savais donc j’ai prévu un contre-contre-piège à ton contre-piège”, il en ressortait une sorte de lassitude, comme si nos héros étaient toujours protégés par un plan toujours plus improbable qu’ils avaient mis en place à l’insu du spectateur entre deux scènes…

Vous ne me voyez plus

Neuf ans plus tard, on retrouve donc nos héros en hologrammes, un nouveau trio utilisant l’aura (et l’identité) de leurs aînés pour commettre le même genre de crimes à la Robin des Bois, afin de rendre justice eux-mêmes. Les anciens héros sont vite rappelés dans la foulée, et arrivent tous à une étape différente du premier plan, par une espèce de hasard du scénario assez…lassant, presque paresseux, les personnages étant tous “prêts à tout en toutes circonstances”, mais à force d’en faire toujours trop, cela ne fonctionne plus.

Ainsi, le money shot du film, un plan-séquence où les sept personnages vont produire leurs tours l’un après l’autre, d’une manière censée émuler celle de la scène de dissimulation de carte du film précédent, tombe totalement à plat. S’il est totalement attendu que nos héros préparent totalement leur environnement pour dérober une carte et puissent produire une illusion parfaite en milieu ennemi, les voir déballer des tours de plus en plus complexes sans la moindre préparation, dans une pièce dont ils découvrent les accessoires, ne convainc plus du tout, et on a juste l’impression de voir une espèce de “branlette” pour mettre en valeur les personnages alors que le reste du film devrait déjà suffire à convaincre de l’étendue de leurs capacités.

Enfin, à l’inverse d’un épisode de Détective Conan, le final, et même son twist, seront très aisés à prédire pour quiconque a visionné les épisodes précédents, et cela gâchera presque la surprise et le plaisir de visionnage, tant l’impression de déjà-vu est forte. De même, si le méchant finit en prison, et si les gentils peuvent rentrer chez eux, il règne une espèce de sensation d’inconséquence dans le film, à la manière dont un élément clé du film n’est jamais exploré, et presque oublié.

Un bon divertissement, avec toujours des effets spéciaux spectaculaires, mais clairement perdu entre la suite, le reboot, et la redite…


  1. Le concept de retcon, ou en français continuité rétroactive, est une technique narrative utilisée pour altérer des faits établis dans une oeuvre de fiction en apportant de nouveaux éléments. ↩︎

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