Post

🎮 Final Fantasy X

Dans ma famille, c’est moi le gamer. Mais la première à terminer Final Fantasy X et sa suite, c’est ma soeur1! Deux décennies après sa sortie, et alors que le youtubeur Andrew Bluett sortait une vidéo de cinq heures de rétrospective sur cet épisode, j’ai pensé qu’il serait préférable de m’attaquer à ce monument du JRPGs avant…

Connaître sans savoir

Depuis sa sortie, j’ai un rapport étrange avec ce jeu. Si mon seul contact “réel” avec le jeu a été de jouer à son intro sur la PS2 d’un pote de pote2, tout ce que j’en sais est venu “d’ailleurs”. J’ai pu voir ses persos faire des caméos dans d'autres jeux de Square, ou dans des doujinshis pour adultes, et surtout, beaucoup, beaucoup, beaucoup de clip vidéos amateurs. Même le scénario m’avait été spoilé par divers memes, ou bien par le nom de certains thèmes musicaux3, et encore une fois par des clips vidéos amateurs qui contenaient des extraits de la dernière scène du jeu.

Donc, je ne vais pas le cacher, je m’attendais vraiment à TOUT savoir de cette histoire, j’ai même eu l’hubris démesuré d’attendre que le jeu propose enfin les évènements que j’attendais de voir survenir aux moments où JE les attendais.

Et bien sûr, je me trompais.

Et au-delà de mon erreur, ou du plaisir de découvrir ce jeu et cette histoire, il y a eu quelque chose de différent et d’assez étrange, comme une sorte de…rédemption de l’idée que je n’avais plus besoin de jouer à un jeu car j’avais déjà été spoilé sur son déroulement.

Vers Zanarkand

Le jeu commence in medias res, en nous présentant les héros, menés par Tidus, qui fera office de narrateur. Après tout, comme il le dit: “ceci est mon histoire”. Tidus est donc une star de blitzball, une sorte de “football sous-marin” bien plus physique que le water-polo, dans la grande mégalopole de Zanarkand. Dès les premières minutes, il est invité à signer des autographes avant d’aller taper le ballon sur une musique de métal. C’est à ce moment-là qu’un gros monstre du nom de Sin attaque la ville, qui finit vite en ruines. Tidus est attrapé par son mentor, Auron, et les deux se font aspirer par une espèce de “trou du cul”4 qui les propulse dans le monde de Spira.

À partir de là, le jeu deviendra un magnifique road trip à travers le monde de Spira, pour mettre un terme au cycle de destruction de Sin, rythmées par des découvertes sur la réalité de ce monde, et son lien avec le fameux Zanarkand…

À la sortie de Final Fantasy XIII, beaucoup de fans de la franchise se plaignaient de l’aspect “couloir” et de sa linéarité. Et en réalité, elle n’a pas commencé au treizième épisode. Ce n’est pas un défaut, et bien au contraire, cela permet au jeu de poser son ambiance, son rythme, et ses problématiques, et de les rythmer avec une grande virtuosité. Si je déplore toujours que certains personnages me donnent l’air d’être de trop5, dans leur majorité, ils restent attachants, et évoluent, même si c’est de manière discrète, le gros du temps d’écran étant bien évidemment occupé par la relation sentimentale entre Tidus et Yuna.

Là encore, j’avais l’impression de tout savoir de cette relation: la fameuse scène de "love aquatique nocturne" est connue de tous mais je l’imaginais comme une apogée, voire une “récompense” du jeu, alors qu’elle survient à mi-parcours. De même pour la scène d’interruption du mariage, que j’attendais comme un évènement pré-boss final, alors que là encore il me restait une bonne moitié du jeu à faire…

La relation est très agréable à suivre, et voir évoluer, du tout premier regard en coin de Tidus jusqu’aux larmes de Yuna à la fin du jeu. Beaucoup de gens décriaient la relation de Final Fantasy VIII car celui-ci laissait au joueur le choix de composition de son équipe, ce qui menait à des situations étranges où Squall et Linoa pouvaient tomber amoureux sans avoir partagé plus de cinq minutes à l’écran. Cet épisode nous épargne cette erreur, et chaque halte du voyage est un moment de rapprochement entre les deux tourtereaux…

Des chiffres de partout

Ainsi, alors que je pensais avoir atteint le “dernier couloir” du jeu, j’ai découvert encore un tiers de plus, et même un endgame très fourni. Trop fourni, malheureusement, car je ne sais pas si c’est le plaisir d’avoir enfin accès à une machine capable de calculs en 64 bits, mais enfin les superboss se targuent d’avoir des points de vie dans la dizaine de millions6. La difficulté qui y mène est vite trivialisée une fois que le joueur acquiert les armes ultimes de chaque personnage, qui permettent de briser la sacro-sainte limite de dégâts de 99997 et infliger jusqu’à 99999 points de dégâts. Si l’on exclut le temps qu’il faudra passer à grinder pour avancer sur le “sphérier” (la tentative étrange de donner un air nouveau au concept de “niveaux” dans cet épisode), cet objectif est laborieux mais étrangement simple à atteindre.

Il est assez dommage que les personnages partagent tous le même “sphérier”, seul leur point de départ servant à différencier leurs stats en début du jeu, car lorsque l’endgame est atteint, tous les persos ont toutes les aptitudes, à peu près les mêmes stats, et seule Yuna et sa compétence d’invocation a quelque chose de différent à apporter en combat. Le même reproche va à l’équipement qui me donne l’impression de ne servir à rien en dehors des équipements d’endgame: deux personnages ne peuvent pas se les partager, ils n’ont pas de “stats” associées, uniquement des buffs, et ils peuvent être modifiés et construits à tout moment. Donc avant d’avoir la tonne d’items nécessaire pour avoir les meilleurs buffs, on utilise assez peu ce système que ça soit pour les armes ou les armures…

Enfin, plus grosse déception: une fois que l’on navigue dans l’endgame et que l’on frappe au maximum de dégâts possible, le vrai boss final du jeu ne fait pas long feu et s’éteindra en deux attaques…

Drogue de pirate

En parallèle à l’aventure du jeu, je me suis retrouvé dans une dérive totalement improbable: la curiosité m’a mené à chercher des méthodes de triche pour m’éviter de laborieuses courses de Chocobo, ce qui m’a mené de fil en aiguille à utiliser Ghidra pour parcourir le code exécutable du jeu, à la recherche du code qui débloquait les trophées.

S’en est donc suivie une semaine entière où chaque minute que j’ai passé éveillé a consisté à réfléchir au code que je lisais, à élaborer de nouvelles stratégies pour y naviguer et cibler la zone responsable de ce que je cherchais. J’ai donc découvert le code responsable de la moitié des trophées, et pu découvrir certains quirks étranges de ceux-ci8…

Malheureusement, je n’ai pas trouvé les deux qui m’intéressaient le plus. Et surtout, après une semaine de reverse engineering sans même toucher à ma manette, un cerveau grillé par la lecture de code machine en boucle, et la perspective de la quantité de code qu’il me resterait à lire, j’ai décidé d’arrêter les frais, et de me remettre au jeu. Je me suis donc résolu à obtenir ces trophées naturellement…

Après cent heures de jeu, un endgame bien rempli, et tous les trophées débloqués, j’ai regardé la courte vidéo Eternal Calm, qui rouvre l’histoire du jeu sur une suite, étant le premier épisode de Final Fantasy à avoir droit à une suite directe. Ma soeur ayant eu droit à mes commentaires nocturnes sur cet épisode (ainsi qu’à un cadeau du jeu sur Steam), elle sera de nouveau aux premières loges lorsque je vais m’attaquer à Final Fantasy X-2.


  1. Sur une PlayStation 2 que j’ai prêté à une amie et que celle-ci a…vendu! Quelle amie de chiottes! >< ↩︎

  2. De son pseudo hyxe, il avait notamment inventé la blague du “Tu sais pourquoi la PS2 est si chère?” en sortant un sachet de poudre de la baie d’expansion vide (et jamais utilisée en Europe) de la console. ↩︎

  3. L’existence d’une piste intitulée Fight With Seymour sur le premier album de The Black Mages laisse PEU de doute quand au rôle du personnage lorsque l’on le croise pour la première fois… ↩︎

  4. Je prends cette blague au Joueur du Grenier. ↩︎

  5. Mais au fond, quel épisode de la saga n’a jamais eu son “perso chiant”? ↩︎

  6. Jusque-là, les épisodes VII et VIII, sur console 32 bits avaient à peine osé approcher du million pour leurs superboss. ↩︎

  7. Jusqu’à Final Fantasy VI, sur console 16 bits, les boss n’ont jamais dépassé les 65535 points de vie, et les dégâts que pouvaient infliger le joueur étaient toujours limités à 9999. ↩︎

  8. Par exemple: il y a un trophée lié au talent de Rikku (le vol) qui est “Voler 200 fois avec Rikku”, et un trophée lié au talent spécial de Kimahri (l’apprentissage de talents de l’ennemi) qui est “Apprendre tous les talents de l’ennemi”. Si à la fin du jeu tous les personnages peuvent employer ces deux talents, seul le trophée lié au talent de Rikku est limité à elle, le trophée lié à Kimahri pouvant être rempli par n’importe quel personnage! ↩︎

This post is licensed under CC BY 4.0 by the author.