🎬 Deadpool & Wolverine
J’ai commencé à lire des comics en 2003. Dans Cable & Deadpool #2, paru en 2004, le mercenaire-avec-une-bouche se décrit lui-même comme le croisement entre “Ryan Renolds” et un shar-peï. Croyez-le ou non, mais ce fancast de Fabian Nicieza est parvenu jusqu’à l’acteur, à l’époque peu connu, qui en fera son personnage de prédilection…jusqu’à enfin l’incarner en 2009, dans X-Men Origins: Wolverine, le film maudit1 dédié à Wolverine. Deadpool y servait (à peu près) d’antagoniste final.
Deux ans plus tard, c’est avec son rôle de Hal Jordan dans le (très mauvais) film Green Lantern que la bérézina2 continuait pour l’acteur, et la prise en main des super-héros de comic books par Marvel Studios semblait ne pas laisser de place au mercenaire. Heureusement, sa persévérance a payé, et en 2016, sous l’égide de la Fox, qui avait les droits exclusifs des X-Men3, sortira le premier film Deadpool, puis un second en 2018 et…et bien c’était compliqué. Il y a eu le COVID, la Fox voulait plus rien foutre de l’univers X-Men, Marvel Studios se préparait à reprendre les rênes pour tout effacer et repartir dans une nouvelle continuité,…
Wolverine partout
En 2004, lors de l’évènement X-Men: Reload, un panel présente Scott Summers, devenu le directeur de l’école Xavier, assailli dans son bureau par plusieurs membres des X-Men se plaignant tous de leurs affectations. La plus marquante vient de Wolverine, qui balance un truc du genre “Mec, merci de la confiance, mais je peux pas être dans toutes les équipes à la fois”, en référence au fait que…le personnage était non seulement dans les New Avengers, dans ses DEUX titre personnels, mais aussi dans TROIS équipes de X-Men4.
Cette popularité coïncide vite avec celle, grimpante, de Deadpool, et par un hasard éditorial, les deux personnages sont vite mis dans une petite tonne de mini, de caméos,…et tant qu’à faire, vu la personnalité obsessionnelle de Deadpool, autant lui donner un crush sur Wolverine5. C’est vraiment pas une direction dont je suis fan, et la manière dont Deadpool a été écrit ces années-là a vraiment été mauvaise à mon gout6, mais ça a tenu, ça a pris, et donc, les films ont pris la même direction, jusqu’à ce que Ryan Reynolds contacte lui-même Hugh Jackman et Marvel Studios pour avoir le feu vert et écrire son troisième film Deadpool, son crossover avec Wolverine, et un adieu à l’univers X-Men de la Fox…
Je vous aime, je dois partir
Je ne me souviens plus totalement du scénario, et en réalité, il est assez anecdotique. Le personnage de Deadpool était déjà très méta, mais là, c’est carrément le film entier qui l’est. En utilisant la trend récente du multiverse, il lie tous les univers ensemble7 pour leur permettre de briller une dernière fois. C’est très inégal: le caméo de Gambit est vraiment nul à chier mais permet à l’acteur d’incarner une fois le personnage dont le projet de film fût annulé, Elektra revient porter le spandex (sans son ex-mari Daredevil), Blade passe pour se moquer des échecs de Marvel Studios8, Chris Evans tape son caméo car il est pote avec Reynolds depuis Free Guy, tandis que Wolverine et X-23 (formidable Dafne Keen!) se retrouvent après Logan. Seuls ces deux derniers sont développés correctement et ont un quelconque “futur” dans cet univers.
Mais surtout, lorsque le film se termine, et tandis que ses personnages ont trouvé une espèce de “paix” qui laisse entendre qu’ils peuvent vivre et vieillir sans conflits, les crédits défilent, accompagnés de diverses scènes des films de la Fox, un message d’adieu assez touchant, tant cet univers, lancé en 2001, a su éveiller beaucoup de passions pour les comics, dont la mienne.
Cheappool
J’avais eu beaucoup de mal avec le tout premier film Deadpool, dont le découpage très particulier donnait l’impression que le film ne décrivait qu’une seule péripétie: Une intro (sur une autoroute), un gros flashback, une grosse scène d’action (dans un décor d’entrepôts abandonnés), fin. Clairement, la Fox n’avait pas sorti les valises de billets, et ça se sentait. Ici…pfou, c’est compliqué à dire.
Le budget a été plus conséquent, mais dès les premières images du décor principal, j’avais peur que le film se retrouve encore à se passer uniquement autour de ce décor sans en montrer plus, ce qui…s’est à peu près vérifié. En plus de ce décor, on retrouve les décors de la TVA (empruntées à la série TV Loki), une ville abandonnée (mais la baston y est jolie), et des forêts sans âme, qu’on croirait sorties d’un épisode des Power Rangers. Clairement, les billets sont partis pour les acteurs, une pratique…normale, oui, mais peut-être que moins de caméos/cross-overs, pour donner plus de “fric à l’écran”, aurait donné un meilleur spectacle, mais le plaisir est là.
Dans beaucoup de mes articles, je discute du “plaisir” que les acteurs ont à incarner leurs personnages. Clairement, c’est à nouveau le cas ici. Des années que Ryan Reynolds et Hugh Jackman voulaient leur cross-over, des années que l’univers de la Fox partait à vau-l’eau,… Même si le film n’est pas nécessaire pour comprendre le MCU, il reste un grand plaisir, à l’humour toujours très inégal, mais toujours produit et mis en scène avec amour.
Vous vous en souvenez peut-être car une version sans effets spéciaux avait fuité sur le net… ↩︎
L’échec ne fût que cinématographique, vu que c’est sur ce film que l’acteur rencontrera sa future femme, Blake Lively. ↩︎
Une situation ironique tant le personnage est obsédé par son appartenance au X-Men, qui lui est refusée car il n’est pas techniquement un mutant. ↩︎
La blague ne s’arrête pas là: il sera plus tard dans deux équipes d’Avengers à la fois, et son fils Daken sera à la fois dans les Dark X-Men et dans les Dark Avengers… Par la suite toutefois, l’éditorial prendra soin de limiter sa présence. ↩︎
Ca n’est pas la seule idée folle du département éditorial de Marvel, vu qu’il existera même une série cross-over Spider-Man/Deadpool entre 2016 et 2019… ↩︎
Je ne peux pas pardonner la disparition de la “seconde voix” de Deadpool… ↩︎
Dont l’univers où Chris "Captain America" Evans jouait Johnny Storm dans Fantastic Four. ↩︎
Le film Blade de Marvel Studios est encore coincé à l’étape du “scénario” depuis…au moins quatre ans, non? ↩︎
