🎮 Tales of Vesperia
Techniquement, la PS3 est un peu la “Tales Of machine”, donc j’ai continué sur ma lancée avec le premier jeu sorti sur la machine. Comme pour Graces après lui, le jeu a une genèse compliquée: il sort d’abord en 2008 sur Xbox 360, puis sur PlayStation 3 dans une version améliorée, et enfin sur plateformes modernes en “Definitive Edition” en 2019.
J’ai commencé à jouer en novembre, et puis Death Stranding 2: On the Beach est arrivé avec ma PlayStation 51 et m’a forcé à prendre une grande pause, le temps de finir le chef-d’oeuvre de Kojima et pouvoir le terminer d’une traite.
RPG pour l’application de la Justice
Aujourd’hui, le design des personnages est assuré par Kōsuke Fujishima, et le sous-genre est 「正義」を貫き通すRPG.
Bienvenue sur la planète Terca Lumireis, où les blastia, d’anciens artefacts techno-magiques2, permettent à l’humanité de survivre à son environnement. Ainsi, ils peuvent produire de l’eau, protéger les villes des attaques de monstres,…
C’est une blastia productrice d’eau qui lance le scénario. Celle qui alimente les bas-quartiers de la capitale est volée, et Yuri, ancien chevalier de l’Empire, part donc à sa recherche, et finit très vite (dans l’ordre): chez les riches, en taule, nez-à-nez avec Estelle, la jeune princesse de l’Empire, dans un road trip à la poursuite du voleur,… En chemin, il sera confronté à la cruauté de l’Empire et ses jeux de pouvoirs, mais aussi aux guildes, qui agissent comme contre-pouvoirs.
La “justice” dont parle le sous-genre est au coeur de l’intrigue. Dès le premier bloc du jeu, Yuri retrouve Flynn, son meilleur ami, qui est resté chevalier de l’Empire et préfère changer le système de l’intérieur. C’est une dichotomie classique, à laquelle la série ne répond pas vraiment, mais où chacun avancera à sa manière, celle de Yuri étant…le meurtre. Sans être aussi sanglant que Wolverine, j’ai rarement vu un protagoniste aussi prêt à tuer dans un RPG japonais, et à plusieurs reprises, il sera le bourreau d’une justice de classe qui ne fonctionne pas.
C’est agréable à suivre, mais la manière dont tout le cast se tourne autour avant d’enfin se réunir peut être très ennuyeuse. Par exemple, Flynn est ajouté au scénario et rejoindra donc le cast le temps d’un donjon par chapitre, et Patty, même si elle ne fait pas d’allers-retours une fois qu’elle a rejoint l’équipe, m’a donné l’impression d’être “en trop” tout le long de l’histoire. J’admets que mon opinion envers Patty peut être biaisée car je sais qu’elle ne faisait pas partie de l’histoire originale du jeu, mais pour Flynn, c’est VRAIMENT relou. Pour les autres personnages, c’est en dent de scie. Repede, le chien de Yuri, m’ennuie vraiment (je ne suis pas fan de personnages animaux dans les jeux vidéo). Estelle est juste parfaite, même si son design l’infantilise un peu trop à mon gout3. Rita joue son rôle de génie du groupe sans être ennuyeuse, me rappelant grandement Lucca de Chrono Trigger. Judith est cool et j’aime son histoire et ses motivations. Karol est super intéressant dans son évolution en chef de guilde. Quant à Raven, il est autant capable de lâcher de la science que d’être complètement chiant.
Comme le monde est petit
En fait, ma plus grande déception vient dans la guilde Brave Vesperia que forment nos héros: je trouve dommage que si l’on côtoie des guildes dantesques dans le jeu, celle qui sera formée dès le second tiers du jeu me semble vraiment sous-utilisée. Par exemple, Suikoden II est connu pour la manière dont le joueur peut recruter des compagnons dans son armée, qui seront aussi bien des personnages jouables que non-jouables. Je ne m’attendais pas à avoir une centaine de personnages jouables, mais pouvoir recruter des membres d’équipe autour du monde me semblait être un concept intéressant.
De même, sur les quatre continents majeurs du jeu, il y en a deux qui sont vides de toute présence humaine, à l’exception d’un onsen totalement optionnel dans l’un, et d’un village à construire dans l’autre. Un village qui n’est d’ailleurs même pas utilisé comme le siège de la guilde…
Quant aux guildes…à l’exception d’une, dont le chef sera un véritable pivot du scénario, elles sont TOUTES peuplées de traîtres ou d’antagonistes. Alors que le jeu démarre en les décrivant comme l’équivalent de puissances nationales, ils se révèlent vite n’être que les appendices du grand méchant, un développement peu intéressant narrativement…
Et heureusement, le post-game fonctionne mieux que celui de Graces f, avec un donjon…pas fou en termes de design, mais avec une mise en place intéressante.
La grande checklist
Je n’arrive toujours pas à aimer le système de combat. En fait, je n’y comprends rien: parfois je peux combo, parfois non, ou bien j’ai besoin de l’aide de mes camarades…que je ne contrôle pas, ou encore ceux-ci vont décider d’envoyer l’ennemi en l’air, alors que je viens de lancer une attaque combo au sol (qui donc tapera dans le vide).
Et pourtant, j’y suis revenu, encore et toujours. Même si les combats m’ennuyaient (j’ai même laissé l’IA en jouer beaucoup pour moi!), le plaisir d’explorer restait là, mais aussi celui de…remplir les menus. À la manière de Final Fantasy IX, chaque arme vient avec des compétences que le personnage combattant apprendra après un certain nombre de combats, me poussant donc à obtenir toutes les armes, apprendre toutes les compétences, et utiliser le système de craft pour avoir toutes les évolutions d’armes, lesquelles sont parfois très cryptiques à obtenir4.
C’est très complexe de définir ce que j’ai pensé de ce jeu. Le jeu m’a paru “moyen” et j’y ai pourtant passé plus de cent heures, sans jamais arriver à un “Ce jeu me saoule, je zappe”. Peut-être que si j’étais plus réceptif à son mode de présentation j’y verrais le même chef-d’oeuvre que les fans de la série.
Promis, j’en parle lorsque j’ai VRAIMENT fini le jeu. ↩︎
Rappel de la troisième loi de Clarke: “Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie.”. ↩︎
Un costume DLC permet de l’habiller comme Tear de Tales of the Abyss, ce qui lui donne un air plus adolescent/adulte et donne plus de force à sa résolution à améliorer la situation du monde. ↩︎
Ainsi, l’arme Tabar a deux chemins d’évolution, mais une seule est trouvée dans le jeu, la seconde doit être forgée….sans que sa recette de craft ne soit aisée à trouver… ↩︎
