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📚 Journal intime d'un touriste du bonheur

Pour ne pas lire que des polars, et m’ouvrir un peu l’esprit Ă  d’autres modes de pensĂ©es, j’essaye d’alterner mes lectures. Je ne sais pas comment ce livre a fini dans ma pile de livres Ă  lire1, mais je me suis dit que ça serait son tour. Étiez-vous en manque de tĂ©moignage de riches occidentaux qui partent en Inde s’éveiller Ă  la spiritualitĂ© au lieu de suivre une thĂ©rapie psychiatrique remboursĂ©e par la sĂ©curitĂ© sociale? Ce livre est lĂ  pour vous.

Pleure, prie, baise

Je ne pense pas que ce livre soit fonciĂšrement mauvais. Il s’avĂšre mĂȘme ĂȘtre trĂšs drĂŽle, et certaines phrases m’ont arrachĂ© des rires francs. En termes de spiritualitĂ© et de philosophie, il se reconnaĂźt comme un “touriste spirituel” et assume de ne piocher que ce qui l’intĂ©resse, une philosophie que je partage, au point de ne rĂ©cupĂ©rer dans ce livre que ce qui pouvait m’intĂ©resser


Ma lecture est passĂ©e par trois Ă©tapes: ĂȘtre fonciĂšrement emmerdĂ© par cette introduction Ă  base de “Avant j’étais trader puis j’ai tout lĂąchĂ© pour devenir heureux car je prenais trop de coke”, puis apprĂ©cier petit Ă  petit les premiĂšres expĂ©riences de l’auteur, et enfin une partie super-chiante, oĂč l’auteur n’a plus l’air de vivre que pour sa teub’ et d’éniĂšmes priĂšres qui ne m’ont vraiment pas intĂ©ressĂ©.

Je ne suis pas vraiment opposĂ© au genre littĂ©raire du dĂ©veloppement personnel, qui est souvent critiquĂ© comme Ă©tant une exhortation Ă  se changer soi pour se conforter au modĂšle (capitaliste) sans chercher Ă  changer celui-ci. Ce n’est pas vraiment le cas ici, tant les tracas principaux de l’auteur sont assez basiques: la perte d’ĂȘtres chers. La premiĂšre moitiĂ© du livre arrive vraiment Ă  distiller des leçons de toutes origines pour apaiser l’esprit face aux colĂšres quotidiennes. Je ne sais pas si c’est la maniĂšre qui a primĂ©, tant le propos sait ĂȘtre drĂŽle2, ou le propos, tant j’ai retrouvĂ© des leçons que j’ai dĂ©jĂ  pu Ă©tudier dans le cadre de ma thĂ©rapie. Tout ce propos est trĂšs sympa, et pendant 100 pages, tout ce rĂ©cit d’un road trip en Inde Ă  dĂ©couvrir divers modes de mĂ©ditations est sympathique Ă  suivre.

En revanche, Ă  partir d’un moment, l’auteur tombe sur le tantrisme, et avec force de descriptions, va nous parler de sa teub’, sa bite, sa semence, ses Ă©jaculations,
 Si je m’accorde avec lui Ă  dire qu’il n’y a rien d’étrange Ă  parler d’éjaculation, en revanche, la qualitĂ© d’écriture n’est plus lĂ , et en soit, ce n’est vraiment plus trĂšs intĂ©ressant Ă  lire, tant je considĂšre que tout cet Ă©talage de sexe n’a rien Ă  faire dans un propos sur le bonheur, mais je reste conscient que comme prĂ©cĂ©demment, mon incompatibilitĂ© avec ce mode de pensĂ©e peut influer mon jugement de la prose. Il appartiendra donc Ă  chacun de se dĂ©cider sur la valeur de ces propos.

A la maniĂšre de Mona Chollet et son obsession pour Histoires d’O, Jonathan Lehmann semble obsĂ©dĂ© par Eckhart Tolle dont il rĂ©pĂšte constamment les enseignements. Peut-ĂȘtre que des fois il faut mieux lire le maĂźtre plutĂŽt que l’élĂšve.


  1. J’ai un soupçon, et si tu es la personne qui m’a recommandĂ© ce livre, sache qu’il Ă©tait nul! ↩︎

  2. L’auteur s’interrogera au sujet de son humour plus tard dans ce mĂȘme livre, mais de maniĂšre totalement non-mĂ©ta, une occasion ratĂ©e selon moi. ↩︎

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