🎬 Everything Everywhere All At Once
Vu la hype générée par le film lors de sa sortie, c’est un peu difficile de le présenter correctement, mais on va essayer: Michelle Yeoh1 incarne Evelyn, qui doit gérer sa laverie, le service des impôts, son mari Waymond, incarné par Ke Huy Quan, avec qui elle a du mal à communiquer, sa fille Joy, incarnée par Stephanie Hsu, son père qui arrive de Chine pour un anniversaire, et surtout, l’arrivée dans son univers de Juju Toobootie Jobu Tupaki, une entité extra-dimensionnelle surpuissante qui menace le multiverse, et qui en plus est sa fille.
Mais comment peut-elle sauver une infinité d’univers?
Everything
Dans un autre univers, c’est Awkwafina qui aurait dû jouer le rôle de Juju Jubaka Jobu Tupaki, alias Joy. Même si j’ai un temps cru que j’aurais préféré voir cette version, car j’ai plus d’affect pour Nora2, tout le message du film vient s’opposer à cette idée. Lorsque Evelyn découvre la multitude d’univers parallèles d’où elle peut puiser dans les pouvoirs de ses “versions” alternatives, et toutes “meilleures” qu’elle, sa première réaction est l’ivresse. Après tout, cette vie de glamour où, vêtue d’une robe digne d’une princesse, elle assiste à la première d’un film dont elle est la star, n’est-ce pas mieux qu’être une américaine moyenne dont le mari demande le divorce?
Imaginer les possibilités de notre existence fait partie des plaisirs de l’esprit, mais sans retenue, et confronté à l’infini, il est facile de se noyer dans une vision infinie de l’existence où chaque choix n’ouvre qu’encore plus de “vies” auxquelles il faut renoncer, une réalité à laquelle nous sommes tous confrontés, mais difficile à accepter, ce qui complique la tâche de se poser pour construire sa vie.
C’est tout l’arc narratif du film, tel que vécu par Juju Chewbacca Jobu Tupaki, et qui la mène à construire un…“bagel avec toutes les garnitures”, une singularité cosmique qui lui permettrait de disparaître, avec Evelyn, qui subit elle aussi une crise existentielle et nihiliste…
Everywhere
C’est grace à Waymond que Evelyn sort de sa torpeur nihiliste et s’éveille à une vision plus empathique de l’existence.
Assez évidemment, c’est l’amour qui aide à trouver la réponse. Face à la possibilité d’être “partout”, le seul “ici” est celui où se trouvent les personnes que l’on aime. Même si la réponse coule de source pour Evelyn, Jobu Tubacky Jobu Tupaki/Joy, et Waymond, qui sont une famille qui s’aime malgré leurs difficultés à communiquer, il s’y associe un message universel de “Le seul sens de la vie est de vivre avec le sourire”. C’est peut-être un message facile, mais il fonctionne, aussi bien dans le propos que dans la résolution.
All at once
Le film n’aurait pas eu un tel succès bien sûr sans sa patte graphique. Le film s’amuse avec les univers parallèles et multiplie les idées délirantes (l’univers des doigts-saucisses, quel génie!), joue avec les formats d’image, les styles cinématographiques (avec un petit clin d’oeil à Wong Kar-wai)…
Le film se place dans un entre-deux étrange où il glorifie les possibilités infinies de l’univers, tout en enjoignant le spectateur à se concentrer sur l’amour qui existe dans sa propre vie. Il en reste néanmoins un spectacle de grande envergure qui n’a pas démérité son succès!
Saviez-vous que depuis 2003 elle est en couple avec un français? Cocorico! ↩︎
Nora est la version “fictionalisée” dans sa série Awkwafina Is Nora from Queens. Si vous avez aimé Platane de Éric Judor, ou Curb Your Enthusiasm de Larry David, vous serez en terrain connu. ↩︎
