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📚 Invincible

J’avais déjà entendu parler du super-héros écrit par Robert Kirkman suite à son apparition dans un team-up avec Spider-Man1, puis la série animée par Amazon qui…ne m’a pas vraiment attiré. Je connaissais certains points principaux de l’histoire, dont le twist initial, mais je n’avais jamais pris le temps de m’y plonger dedans. Les plages de Cassis étant trop bondées pour y plonger, j’ai donc profité de la climatisation d’une librairie pour commencer à lire…

Un auteur et ses marottes

L’histoire commence donc avec Mark Grayson, fils du héros Omni-Man. Cet équivalent local de Superman vient de la planète Viltrum, initialement présentée comme une civilisation pacifique, mais qui cache en réalité une société belliqueuse où seule compte la force2. Clairement on n’est pas là pour enfiler des perles, et très vite, les corps et le sang giclent dans tous les sens3, dans des proportions parfois étranges, tant on ne sait pas à quel public veut s’adresser le titre, oscillant entre un héroïsme bon enfant, une écriture plus réaliste de la vie d’un super-héros, des frasques amoureuses adolescentes4, et des morts gores et dégueulasses en pagailles, traitées avec humour crasse, ou la gravité qu’elles méritent5…

Avec pour seul fil narratif les origines extraterrestres de Mark et sa famille, le comic arrive à tenir sur la durée, distille des éléments que l’on oublie parfois pendant dix-vingt numéros, et prends le temps de laisser vieillir ses personnages, construire des relations, et montre la difficulté qu’auraient des adultes modernes à gérer vies familiales et héroïques6…

Comic moderne pour héros moderne

Je n’ai pas pris le temps de lire TOUS les comics liés à l’univers partagé d’Invincible, et pour le moment, je me dis que j’ai bien fait. Même si Mark est le focus du comic, qui se suffit à lui-même, celui-ci saura prendre le temps de mettre en avant des personnages secondaires afin de clarifier l’intrigue ou lui apporter de la profondeur, ne perdant jamais le lecteur dans un “à suivre dans une autre série”….

À plusieurs reprises, le propos n’hésitera pas à se décentrer de Mark pour mettre en avant les sentiments des personnages (généralement féminins) qui partagent la vie de nos héros, et surtout, un point peu souvent discuté: que deviennent-ils lorsque le héros prend le temps de disparaître un an ou deux dans une planète lointaine/une dimension parallèle/autre7.

Un autre point intéressant est la moralité des personnages, qui a tendance à faire du yoyo entre l’idéalisme de Spider-Man, et la cruauté de certains anti-héros qu’on croirait sortis de l'âge moderne. Je trouve que le traitement de la question n’est pas toujours très égal, et que dans ces situations il vaut mieux éviter de trop y réfléchir mais il permet de mettre en avant des questions intéressantes.

Apparemment, le succès d’Invincible tient surtout à son positionnement sur le marché du comic-book. Etant donné qu’il a commencé à l’époque où j’ai commencé à lire des comics, il a pu mener sa barque tranquillement, tandis que DC accumulait les “Crisis”8, tandis que Marvel s’embourbait dans de nouveaux statu quo qui ne duraient pas, des cross-overs pour “coller” au MCU,… Invincible reste très bon et agréable à lire et à suivre, ce qui est déjà plus que ce qu’ont pu proposer certains super-héros des deux grandes maisons.


  1. Comme dans Marvel Team-Up Vol.3 #14, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  2. Comme dans The Titannus War, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  3. Comme dans Marvel Zombies, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  4. Comme dans Ultimate X-Men, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  5. Comme dans The Walking Dead, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  6. Comme dans Fire Power, écrit par Kirkman justement. ↩︎

  7. Une situation qui ne survient qu’une demi-douzaine de fois. ↩︎

  8. Les gros events de DC Comics, les reboots, etc… ont tous un “crisis” dans le nom. ↩︎

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