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🎮 Battlefield: Bad Company

Toujours dans mon exploration des pans du genre du FPS que je n’avais pas encore explorés, j’ai vite fait l’impasse sur Tom Clancy's Rainbow Six: Vegas 2, la faute à son absence de sous-titres, qui m’a empêché d’apprécier le jeu de la manière qui me convient1, et j’ai donc pris la suite: la franchise Battlefield.

La compagnie des losers

Quand on traite de l’armée (et surtout l’américaine) en fiction, le médium va souvent influencer le traitement du genre. Par exemple, au cinéma, on aura le patriotique/héroïque, le sérieux/dramatique, et le drôle/parodique. En jeux vidéo, pour des besoins de gameplay, et afin de laisser au joueur le contrôle, on reste sur le premier traitement: on est des héros. Le second est plus rare à trouver2, mais alors pour le troisième, dès l’instant où l’on a un FPS et de l’humour, on vire l’armée.

Dans Bad Company, on retrouve enfin les bonnes vieilles bidasses que l’on croirait sorties de La Septième Compagnie. On incarne donc Preston, fraîchement parachuté dans une escouade menée par Redford et où officient déjà Sweetwater, et Haggard, au cours d’une guerre entre les USA et la Russie. Si Preston reste relativement silencieux, et si Redford fait de son mieux pour maintenir la cohésion, le gros du morceau est pris par les dialogues entre Sweetwater, le romantique totalement amoureux de leur opératrice radio, et Haggard, le pyromane. Tout est prétexte à des conversations ridicules qui font constamment mouche, notamment celle où Haggard mentionne sa cousine moche, que Sweetwater lui demande si c’est celle qu’il a pécho, ce qu’il confirme… Tous ces échanges sont suffisamment espacés et clairs pour que l’on puisse les apprécier sans sous-titres.

Les quatre rois du désert

Ne vous préoccupez pas trop de la “guerre” du scénario. À la fin de la première des sept missions du jeu, les protagonistes découvrent que des mercenaires ont été invités à participer, et que comme la Diamond Force dans Archer, ou les Diamond Dogs dans Metal Gear Solid V, ils partent au combat avec…des lingots d’or, rien que ça.

On va donc assez vite oublier la guerre (dont on se fout d’ailleurs de savoir comment elle a pu commencer, ou d’où elle se déroule) pour partir à la recherche de ce stock d’or, pour une aventure d’une demi-douzaine d’heures. Au-delà de toute la tchatche dont peuvent faire preuve les personnages (et les rires qu’elle apporte), cette campagne solo donnera surtout l’impression de n’être qu’une présentation de l’expérience de jeu en ligne, proposant donc au joueur des affrontements au corps à corps, au mortier, en tank, ou en hélicoptère.

S’il y a toujours une blague qui sort au bon moment, le jeu est malheureusement loin de l’expérience du “cinematic FPS” et si les grands espaces des cartes de Battlefield sont parfaites pour des joutes à 24 joueurs, pour une expérience solo, on se retrouve malheureusement souvent à devoir courir sur de grandes plaines vides, parfois sans le moindre véhicule, ce qui rend l’expérience encore plus fastidieuse. Au point même que, la première fois que j’ai joué au jeu, je me suis arrêté au bout de quatre heures lorsque ma manette est arrivée à court de batterie, je l’ai juste mise à charger sans réfléchir à sortir ma seconde manette pour continuer à jouer: il n’y avait juste pas d’intérêt spécifique à continuer pour atteindre le prochain bout de scénario.

En solo, on est encore loin d’une expérience très prenante. Le jeu est sympathique pour ceux qui aiment la papote et la camaraderie, mais se limite encore trop à de grands espaces vides, et pouvoir détruire les bâtiments à coups d’explosifs est très marrant les premières minutes, mais devient trop vite répétitif.


  1. J’ai besoin des sous-titres pour pouvoir écouter une série, un podcast, ou une vidéo YouTube, pendant que je joue, c’est ainsi, et même en écrivant ces lignes, je me sers des sous-titres pour regarder/écouter une série. ↩︎

  2. Dans les formidables Spec Ops: The Line et Call of Duty: Black Ops par exemple. ↩︎

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