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📺 Zodiaque

Fut une époque, les sagas de l'été rythmaient les douces soirées d’été, et la famille se retrouvait devant le grand écran pour suivre ces histoires de familles, et les secrets qu’elles dissimulent, tandis que les mystères ou les corps s’accumulent. Parue en 2004, Zodiaque n’est pas vraiment ma préférée1, mais elle m’a marqué pour plusieurs raisons: la première étant qu’elle se déroule à Marseille2, la seconde étant la présence de Claire Keim, dont le nom occupait mes pensées suite à sa collaboration avec Marc Lavoine, et la troisième était qu’elle avait eu droit à une suite.

Étant donné que, vingt ans plus tard, une suite était annoncée pour 2026, j’ai eu envie de me replonger dedans.

Le Zodiaque de Wish

On se retrouve donc à Marseille, où Esther Delaître, notre héroïne, revient pour l’anniversaire de son père, le très riche Gabriel Saint-André, qui a décidé de reconnaître sa paternité, afin de présenter Esther à sa famille. Vont s’ensuivre des meurtres très méchants qui vont commencer par toucher des enfants très innocents, et à chaque fois, un indice est laissé: une espèce de médaillon moche (qui sert de logo à la série), voire même des citations de Nostradamus.

Le tueur du Zodiaque3 avait été nommé ainsi pour l’aspect cryptique de ses meurtres et des messages qu’il laissait. Ce n’est pas le cas ici, notre tueur étant une sorte de euh… un banal serial killer en fait, dont on connaît déjà les prochaines cibles, et dont le mobile est assez évident. Mais afin de rajouter du mystère et du spectacle, on y introduit des pseudos-sciences comme la “criminologie zodiacale”, une sorte de manière de retrouver le criminel en déduisant son thème astral pour déterminer sa date (et heure, minute, et seconde) de naissance.

À chacune de ces scènes, je ne peux que rêver que surgisse le Arnold Schwarzenegger de Last Action Hero pour lâcher cette sublime réplique lorsqu’un personnage lui pointe le coupable du doigt sans donner de raison:

Jack Slater: Tiens je te donne ma plaque je crois que tu l’as bien méritée.
Danny Madigan: Non, non je l’ai pas méritée.
Jack Slater: Qu’est-ce que tu racontes ? Grâce à toi cette affaire est résolue. C’est une révolution dans l’histoire de la police criminelle. Quand je pense à toutes ces années que j’ai passées à étudier le comportement humain, la psychologie des terroristes, l’analyse des empreintes, tous ces cours que j’ai suivis sur la filature, la récupération d’otages, la criminologie alors qu’il suffit de se balader au volant d’une voiture et de montrer une maison au hasard en disant “Les méchants sont à l’intérieur !!”
— Arnold Schwarzenegger, Austin O’Brien, Last Action Hero (1993), écrit par John McTiernan

Non, nous n’aurons pas droit à ce sérieux ici. À la place, un grand enquêteur du FBI qui passait par là arrive, et utilise un petit accent anglais pour donner du crédit à ces thèses fallacieuses. Toutes ces années après, je me demande si cette pseudo-science criminelle a produit le même effet que Les Experts.

Et en réalité, même la série semble se foutre de l’enquête, tant je n’ai pas souvenir d’un seul des indices qui fasse avancer l’enquête. Le seul qui me soit resté en tête, c’est la révélation finale du meurtrier, qui semble tomber comme un cheveu sur la soupe, et dont je ne me souviens même plus si elle n’est pas contredite par les évènements de la série…

Quant au motif, il traite (comme d’habitude pour ce type de séries…) de la vengeance, mais est tellement tiré par les cheveux qu’il semble plus fonctionner à la magie qu’à la logique…

L’amour dégoute et des couleurs

Histoire de plomber un peu plus l’enquête qui baigne déjà assez dans le conflit d’intérêts vu le passif entre le flic dur-à-cuire mandaté dessus, et la riche famille des Saint-André, Esther couche avec le commissaire Antoine Keller dès le premier épisode. C’est l’occasion d’une séquence de topless en prime time qui a dû égayer beaucoup de soirées familiales, et qui a sûrement titillé le moi adolescent.

C’est le point de départ d’un très ennuyeux enrobage de l’enquête, où les deux personnages4 vont s’entre-déchirer tandis que l’enquête avance (ou en tous cas, elle essaie), et en bon précurseur du “Edward vs. Jacob” de la saga Twilight, un triangle amoureux s’installe avec un personnage qui n’a vraiment rien à foutre dans cette série, si ce n’est de servir de sommet bad boy5 du triangle. Mais à part être là pour meubler entre deux crimes, cette relation ne sert vraiment à rien…

À la fin, après cinq épisodes à supporter des personnages en surjeu constant, et après un faux cliffhanger, la série promet une résolution au crime, une fin, et un amour éternel. Surprise: aucune de ces trois promesses ne sera tenue. Mais bon, c’est un spectacle d’été, à regarder en famille, après une journée épuisante à la plage, au moment où toute la fratrie se succède sous la douche pour laver le sel collé à la peau. C’est pas fou, mais c’est associé à de jolis souvenirs…


  1. Ma préférence allant à celle diffusée deux ans plus tôt: L'Été rouge. ↩︎

  2. Avec, de manière très comique, des plans du Palais du Pharo employés pour situer les bureaux personnels de la (très riche) famille de la série. ↩︎

  3. Qui est d’ailleurs évoqué dans la série. ↩︎

  4. Dont les deux acteurs ont une différence d’âge de SEULEMENT 28 ans… ↩︎

  5. Ce qui rejoint l’écriture de L'Été rouge: le mâle toxique est forcément le méchant. ↩︎

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