🎮 The Legend of Heroes: Trails of Cold Steel
Avant même d’y jouer, je voulais détester ce jeu, vraiment.
L’héritage
Lorsque la série des Trails Of passe de la PSP à la PS3, des changements s’opèrent, et pas que pour la région. Nous sommes cette fois en Erebonia, un empire guerrier et militaire qui a donné du fil à retordre à nos héros lors des deux précédentes saga.
L’ancien moteur de jeu, où un monde 3D permettait à des sprites en 2D de se déplacer, fait place à un moteur avec de la 3D partout. Le système de combat lui aussi est revu…en simplicité: là où la gestion de la magie dans les cinq premiers jeux avait la complexité des échecs, on est plutôt ici sur celle du jeu de dames. D’ailleurs la magie importe peu, vu qu’au final tout le monde peut utiliser (à différentes puissances) les mêmes magies, alors que le système des premiers jeux trouvait une manière très élégante de séparer les personnages physiques et magiques dans l’accès à des magies de plus haut niveaux.
Les personnages sont désormais des adolescents, au nombre de neuf, et vont tous graviter autour du héros comme dans un harem manga. Et puis oubliez les anciennes régions: à part quelques personnages originaires d’Erebonia, aucun “ancien” ne reviendra pointer le bout de son nez de toute l’aventure1.
Le corps
Le rythme de jeu opère cette fois comme un mix entre celui de Sky FC pour l’aspect “un nouveau chapitre, une ville différente”, et de la duologie Crossbell pour le calendrier et la concentration sur une base centrale (ici, une académie militaire) où nos héros passent leur temps entre les chapitres. Là encore, l’aventure n’est plus exactement une ligne droite temporelle mais “une sélection de jours importants dans l’année scolaire” et chacun des sept chapitres du jeu permettra à Rean, le personnage principal, de se rapprocher de ses camarades, avant d’embarquer avec certains d’entre eux dans différentes régions du pays pour des exercices pratiques.
Lors de ces séquences, le scénario forcera cette classe de neuf élèves à se séparer en deux équipes, chacune voyageant dans une région différente, ce qui permettra à Rean (et au joueur) de se rapprocher différemment de ses camarades. Bien que j’adore cette explication scénaristique, qui plus est car les personnages évoquent toujours les évènements de ces “aventures injouables”, j’ai l’impression que la série perd son focus initial sur un cast entier (même si l’ont peut reconnaître que Estelle et Lloyd sont les personnages principaux des sagas Sky et Crossbell) pour ne plus s’intéresser qu’à UN personnage, qui d’ailleurs fera remarquer qu’il est étrange qu’il soit le seul à alterner de groupe lors des excursions de terrain…
Le coeur
Neuf personnages se dévoilent vite: un héros au grand coeur, qui rencontre une fille qui va rougir en sa présence et lui gueuler dessus en permanence et être jalouse mais pas trop, une fille de militaire digne, une ex-mercenaire, un roturier (…fils du maire de la capitale), qui sera vite en froid avec le noble de super-super-bonne-famille, un campagnard, un pacifiste,… Et Rean pourra se rapprocher de chacun d’eux, jusqu’à choisir qui il invitera au bal du lycée. Et bien sur, tous ont des secrets fous: “En fait je suis la fille de la principale compagnie d’armement, en fait je suis le fils du militaire le plus décoré du pays,…”. C’est vraiment trop habituel pour moi, et ça me paraissait déjà ennuyeux, et puis… la magie des Trails Of a fait effet…
Dès le prologue du jeu, les tensions sont visibles entre Machias, le fils de roturier, et Jusis, le fils d’une des familles nobles les plus hauts placées du pays. Les deux se détestent, ne parviennent pas à s’entendre, ont leur tempérament, et même si l’attitude et l’hypocrisie de Machias (son père est le maire de la capitale, il est pas non plus “homme du peuple”) ne m’ont pas donné envie de l’avoir à mes côtés, au final, Jusis s’est vite avéré être tout aussi insupportable. Il faut attendre le second chapitre pour qu’enfin les deux admettent qu’ils agissent de manière stupide, et qu’en dépit de leurs différents, ils doivent travailler ensemble. Sans pour autant se réconcilier, ni même s’aimer, les personnages s’acceptent, se reconnaissent, et peuvent enfin développer leur personnalité sans qu’elle ne soit constamment obscurcie par la confrontation.
C’est du vu et revu, oui.
Au quatrième chapitre, l’aventure nous place cette fois-ci au milieu de la dispute entre Laura, héritière d’une famille noble de chevaliers et de leur aptitude à l’épée2, et Fie, une gamine qui a grandi (et combattu) au sein d’une troupe de mercenaires et n’a jamais connu la vie d’une adolescente normale et n’a pas grand-chose à dire. Pris seuls, ces archétypes n’ont vraiment rien de trop neuf, mais c’est leurs interactions qui prendront une tournure inattendue: dès les précédents chapitres, quelques moments étranges étaient visibles dès que Fie évoquait (sans retenue aucune) son passé dans le mercenariat, et Laura se montrait visiblement courroucée par ces propos nonchalants, et leurs travaux en commun se soldaient constamment par des échecs.
Ce chapitre voit enfin Laura prendre les choses en mains et dire à Fie ses griefs, et après un duel, les deux filles deviendront amies…et s’empresseront de s’allier pour un duel contre les deux garçons qui servaient d’arbitres à ce moment-là. Ainsi, Laura arrive à rester fidèle à elle-même, et Fie gagne enfin en substance, restant une spectatrice discrète, mais avec toujours les petites phrases malicieuses, à l’encontre de Rean notamment.
À partir de là, les personnages m’ont tous subjugué, et les archétypes que je trouvais “faciles” ou “fainéants” ont disparus de mes pensées pour que je me concentre uniquement sur le plaisir de voir ces personnages interagir entre eux.
La suite
Bien évidemment, j’ai tellement aimé que cette fois aussi, j’ai fait le jeu une seconde fois en difficulté “Nightmare”…
Début de saga oblige, le jeu termine sur un GROS cliffhanger, mais avec en plus BEAUCOUP d’intrigues et de mystères bazardés sans aller plus loin. Là où Sky FC avait le mérite d’être à peu près autonome, rien de tout cela ici, et je n’y couperais pas: je vais devoir jouer à Trails of Cold Steel II.

