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📚 La team Batista

Le Dr Taguchi, qui n’a aucun goût pour le carriérisme mais cultive celui « des choses éphémères », apprécie sa paisible routine. Cette quiétude vole en éclats lorsque le directeur de l’hôpital lui demande de mener une discrète enquête sur la Team Batista. L’équipe a jusque-là aligné les succès, mais trois décès inexpliqués et successifs en pleine opération ternissent sa réputation. Taguchi est perplexe. Pourquoi le directeur l’a-t-il choisi pour une mission qui le dépasse complètement ?

J’ai découvert La Team Batista par un tortueux chemin: plus ou moins à la même époque paraissait un manga mettant aussi en avant la procédure batista, sous le nom de Iryū -Team Medical Dragon-, et les deux eurent droit à des adaptations en séries TV de plusieurs saisons. Si le manga et la série TV Iryū étaient clairs quand au focus apporté à l’équipe principale, je m’attendais donc à la même chose pour la Team Batista, vu que toutes les suites télévisuelles gardaient ce titre, en ajoutant en sous-titre le livre qu’elles adaptaient.

Il n’en était rien. L’histoire n’allait pas relever d’une quelconque prouesse médicale, mais à nouveau…de meurtres.

Meurtres à l’hôpital

Aux débuts des années 2000, la médecine au Japon subissait de grands dysfonctionnements et semblait plus tenir de politique que de santé publique et bien-être des patients1. Je ne sais pas s’il s’agit là d’une spécificité du pays, ou si les hôpitaux français ont le droit aux mêmes problèmes de carriérisme, toujours est-il que le sujet et l’environnement sont propices à un mystère si curieux que jusqu’à la moitié du livre, le protagoniste et le lecteur ne sont pas encore conscients de ce qu’il en est réellement: accidents, ou meurtres? La nonchalance et la curiosité du Dr. Taguchi n’en restent pas moins prenants: à peine le livre en main au début de ma séance de sport, que je n’ai pas réussi à le lâcher.

Avec son manque d’ambitions et sa simplicité, Taguchi est très agréable à suivre, sans non plus apparaître trop invraisemblable en tant qu’enquêteur. Sa capacité à admettre son incompétence face au problème et faire appel aux instances supérieures est aussi une caractéristique qui fait plaisir à lire.

Le monstre de logique

Aux deux-tiers du livre, un deutéragoniste rejoint le Dr. Taguchi, un fonctionnaire ministériel du nom de Shiratori, dont l’intitulé de poste poste s’avère très mal défini. Il est malheureusement aussi insupportable pour tous les personnages du livre que pour le lecteur… Pire encore, là où nous étions témoins de l’enquête de Taguchi, de ses recherches, ses réflexions,… rien de tout cela avec Shiratori, qui met constamment en avant la logique de ses raisonnements, mais ne fait que donner l’impression d’avoir lu le scénario en avance.

Pour encore une bonne partie du live Shiratori reproduit l’enquête de Taguchi, tout en y mettant son grain de sel et provoquant les suspects, afin de soudainement dévoiler les inimités, les non-dits, les secrets si énormes que l’on se demande comment ils ont pu tenir si longtemps,… Mais rien ne laisse penser à la moindre méthode dans sa démarche, ce qui gâche l’aspect enquête du livre.

“Pas de politique dans mon hôpital!”

Lorsque le coupable tombe enfin, Shiratori s’éclipse, la Team Batista est dissoute, et Taguchi reprend le devant de la scène. Investi d’une énergie nouvelle, on se retrouve à nouveau dans une exploration des rouages et des jeux de pouvoirs de l’hôpital.

Seule ombre au tableau: au Japon, et contrairement à la série TV, la série de livres se nomme “Taguchi et Shiratori”…


  1. Le manga Say Hello to Black Jack a contribué à des réformes très positives à ce sujet. ↩︎

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