Post

🎬 Détective Conan: La Mémoire Retrouvée

Comme chaque année, il est temps de retrouver le petit détective: à Nagano, comme promis. Vingt-huit films, ça ne rajeunit pas, putain! Chaque film se centrant désormais sur un personnage (ou groupe de personnages) tertiaires spécifiques, cette fois, c’est l’heure du “trio de Nagano”, trois inspecteurs qui (dans mes souvenirs) forment une sorte de triangle amoureux, entre un bourru qui marche à l’aide d’une canne, une femme dont j’ai oublié la personnalité au-delà d’être “une femme”, et un fan de philosophie chinoise, qui est aussi le frère d’un personnage lié à l’intrigue principale de la série.

On est serré au fond de cette boite

D’habitude, le récap’ se faisait sur un personnage spécifique, donc ça passait assez vite. Mais alors là, même moi j’ai pouffé de rire: lorsque le film a fini d’introduire les personnages principaux et secondaires récurrents (ça fait déjà du monde) puis le trio de Nagano sur qui portera le film, il introduit aussi deux personnages secondaires qui étaient au centre du film 221 et du film 25 et qui n’ont franchement rien à faire là2, si ce n’est proposer du fanservice au spectateur. Même si ça reste des scènes ultra secondaires, ça détourne vite de l’intrigue principale, et l’on sent que cette multiplicité de personnages en empêche certains de briller.

Par exemple: Kogoro Mori, qui partage presque l’affiche à parts égales avec Conan, est véritablement au coeur de l’intrigue, puisqu’elle est enclenchée par le meurtre d’un de ses anciens coéquipiers. Le personnage est relégué au rang de comic relief dans 95% des intrigues, où sa fainéantise le mène à manquer des indices cruciaux qui n’échappent pas à l’intellect de notre héros, mais il existe plus d’une histoire où il est capable de prendre les choses en main et résoudre l’enquête aussi vite que Conan (Notamment dans le 9ème film, où il est le premier à confronter le coupable), ou sur un coup de pouce de ce dernier, voire même de se lancer dans sa propre enquête pour surprendre tout le monde qui s’attendait à ce qu’il reste passif. Bien sûr, il ne peut pas faire trop d’ombre au héros non plus, et doit balancer héroïsme et statu quo, comme dans le le film 25, où il se jette pour protéger une enfant d’une bombe dès l’ouverture du film, pour en passer le reste en convalescence à l’hôpital et laisser le champ libre à Conan et Amuro pour briller.

Tout ça donc, pour en arriver à ce film: sur toute une enquête “de vengeance”, qui devrait le motiver plus que de raison, s’il a bien deux scènes qui le mettent FORTEMENT en valeur, et n’agit pas en élément comique, il se retrouve encore à attendre que Conan apporte la solution à tout le monde.

La mémoire dans la neige

L’enquête est presque chiante, et vraiment très tordue. Comme souvent dans la franchise, on est face à une affaire liée à une affaire passée. Je ne sais pas si c’est un problème de la traduction ou du doublage, ou si c’est mes souvenirs du trio de Nagano qui n’étaient pas à jour, mais alors putain, c’était laborieux. L’affaire passée se déroule sur une première temporalité, qui n’a aucun lien avec l’affaire actuelle, puis sur une seconde temporalité, qui la relie à l’enquête en cours. J’ai fait de mon mieux pour que ma phrase soit compréhensible, mais si elle ne l’est pas, dites-vous que c’est encore plus complexe dans le film.

Récemment, sur son blog, Amo parlait des films à licence d’anime, et d’une époque “bénie” où ils étaient des produits additionnels que l’on pouvait apprécier sans forcément suivre la franchise d’origine. J’ai moi-même beaucoup apprécié les premiers films de Naruto, One Piece, Bleach, et même Détective Conan avant d’avoir pu suivre l’intégrale de leurs mangas respectifs. Vingt ans plus tard, One Piece et Détective Conan ont changé de camp, avec des films LOURDEMENT ANCRÉS dans le canon. Ainsi, depuis le film 18, les films vont tous spoiler une partie de l’intrigue du manga3. C’était acceptable, les spoils étant souvent des théories majeures déjà acceptées par les fans, mais là, le film spoile tout le lore d’un personnage, et je me sens très ambivalent quant à la pratique: j’entends qu’il est assez secondaire pour qu’on se le permette, mais il reste un personnage “du manga”.

Toujours la démesure

Au final, si l’on arrête de trop penser aux éléments de l’enquête passée, qui vont vraiment dans toutes les directions et qui sont parfois durs à suivre, l’enquête du présent devient très vite aisée à résoudre, un indice arrivant avant même l’apparition du logo du film, et si j’avais encore une hésitation, elle se balaie avant que Conan n’ouvre la bouche. En revanche, pour tout ce qui relève des motivations, on est encore sur des éléments que seul le cerveau sur-dimensionné de notre héros pouvait imaginer. C’est dommage, même si j’apprécie toujours de pouvoir résoudre le crime aussi vite que Conan.

Comme à chaque fois, le film reste un produit de très bonne facture, correctement rythmé par de jolies scènes d’action, le film se termine par une course-poursuite qui n’est pas au niveau de folie de “Conan dévie un satellite en tirant un ballon de foot”, mais garde ce côté “grand spectacle” que la série ne peut pas vraiment s’autoriser.

En somme, un produit de très bonne facture, que je regarderai peut-être une seconde fois après avoir relu les histoires du trio de Nagano pour mieux comprendre leur histoire et dynamique4, et avec de quoi noter la temporalité des événements pour mieux voir comment ce film s’y greffe.

Enfin, pour la scène finale, une plume d’ange: l’action se déroulera à Kanagawa.


  1. Un film dont le final se déroule à Odaiba! ↩︎

  2. C’est tellement le cas que le personnage d’Amuro n’est “présent” que parce qu’il répond à des coups de fil de Conan, mais qu’au-delà de ça, il n’a pas la moindre scène où il partage physiquement le cadre avec un autre personnage. ↩︎

  3. Sans parler des films qui introduisent des personnages AVANT leur arrivée dans le manga, une pratique qui existe depuis le tout premier film… ↩︎

  4. J’étais persuadé qu’ils étaient un triangle amoureux mais ce film nous dit qu’il n’en est rien, donc…je ne sais pas. ↩︎

This post is licensed under CC BY 4.0 by the author.