📚 Teenage Mutant Ninja Turtles: The IDW Collection Volume 1
Bien que j’adore acheter de jolis livres, ou avoir une belle collection de mangas, j’ai beaucoup de mal à acheter des comic books physiques alors que j’en lis énormément. Cela vient au fait de leur type de publication: un manga et un livre ont un “cadre défini”, et même si One Piece vient de dépasser la centaine de volumes, une personne qui veut suivre la série n’aura qu’à acheter des volumes de la série One Piece et les lire à la suite.
Les comic books de superhéros en revanche, sont des publications suivies dans un univers partagé et divers écrivains et artistes se suivent sur des titres qui vont parfois changer de nom. Par exemple, en 1993, il existe quatre titres publiés simultanément1 à la gloire du kryptonien, sans compter ses apparitions chez son pote Batman, ou dans la Justice League. Ou bien des fois, en plein milieu d’un titre, une sous-série est publiée2.
Teenage
Il existe bien des “intégrales annuelles”, regroupant tous les titres dédiés à un personnage et sortis sur une même année, mais même celles-ci font face au problème des cross-overs: par exemple, dans le cross-over Mutant Massacre, le personnage (et le titre) de Thor passe par là, donne un coup de marteau, et repart, un évènement qui impactera aussi bien son histoire, que celle des X-Men…
La seule alternative qu’il me reste consiste donc à lire des titres hors-continuité, généralement courts, comme par exemple Batman: the Long Halloween, Superman: Red Son ou Superman: Secret Identity, des titres courts et pas forcément canoniques.
Ou bien, il existe les intégrales de l’éditeur IDW. Cette maison d’édition s’est spécialisée dans les adaptations de série TV comme 24 ou Angel, mais aussi de rachats de licences existantes comme G.I. Joe et Teenage Mutant Ninja Turtles. Pour ces deux titres, la maison n’hésite pas à tirer sur la vache à lait: le premier a le droit à trois séries parallèles, tandis que les seconds ont une série principales et plein de mini-séries. Mais les éditions reliées contiennent le titre principal, et les titres parallèles y sont placés de manière chronologique, rendant la lecture très aisée.
L’édition en sept volumes de G.I. Joe se vendant désormais le prix d’une voiture, j’ai décidé de vite me jeter sur la collection des Teenage Mutant Ninja Turtles…
Mutant
Si en France on connait les Tortues Ninja grâce au dessin animé des années ‘90, lors de leur création en 1984, le comic-book originel n’est qu’une…blague. A cette époque, les titres populaires du moment sont les New Teen Titans (les sidekicks des héros principaux de DC Comics), les X-Men (les mutants de chez Marvel), et Daredevil (le héros classique de Marvel, qui affrontait des ninjas3). Il suffira à Kevin Eastman de dessiner une tortue masquée armée de nunchakus pour que Peter Laird y ajoute “teenage mutant” pour lancer une légende…
En dehors de sa genèse “parodique”, cette première série alternera les artistes, donnant lieu à un gloubiboulga étrange où se mélangeront les thèmes, autant que les humeurs, et les genres: de l’action, de l’humour, du fantastique, de la SF,… La série se conclura par un arc co-écrit par les deux artistes originaux et reviendra aux bases “urbaines” de la série, avant que les deux ne se séparent et que la franchise ne vive plus qu’à travers un merchandising gigantesque.
Ninja
En 2011, lorsque IDW acquiert la license, Kevin Eastman est rappelé pour écrire l’histoire, tandis que le dessin sera assuré par des équipes différentes (bien que Eastman sera dessinateur sur plusieurs numéros). Le choix est fait de rebooter la série, et de réintroduire des idées déjà développées dans d’autres médias de la franchise4 tout en l’ancrant dans un style plus moderne et sérieux.
Ce premier volume reprend donc une genèse connue de tous mais sait être novatrice: les tortues ne sont plus des animaux mutants qui apprennent le ninjutsu, mais d’anciens guerriers réincarnés dans des animaux devenus mutants. Les ennemis classiques apparaissent dans le décor de l’histoire sans se confronter directement à nos protagonistes, lesquels ont le temps de se poser et se développer. Ce premier volume contient surtout quatre mini-épisodes publiés à part et chacun dédiés à l’une des quatre tortues, creusant la personnalité de chacun et son rapport à ses frères, tout en posant les bases de son arc narratif: Raphael le bagarreur solitaire est piégé par une femme, Michelangelo le curieux apprend à travers ses frères, Donatello le scientifique devient ami avec le scientifique qui le trolle sur le net, et Leonardo est le grand frère qui doit diriger la fratrie en l’absence de leur père, mais aussi le plus marqué par la mort de leur mère. La série a atteint les 288 numéros publiés5 et j’ai pu constater que tous ces fils scénaristiques qu’un Marvel ou un DC aurait généralement mis de côté ont su être correctement réutilisés durant toute la série.
Turtles
Au final, je ne regrette en rien cet achat plutôt couteux: l’oeuvre en elle-même était déjà un plaisir à lire et relire, mais le regroupement chronologique des numéros est des plus plaisant, et l’objet physique en lui-même est un véritable travail d’orfèvre.
Action Comics, The Adventures of Superman, Superman: the Man of Steel, et… Superman. Un titre différent est publié chaque semaine, chaque titre suit ses propres histoires, en dehors des cross-overs qui peuvent forcer à acheter plusieurs titres. ↩︎
Le titre The Boys contient ainsi deux publications parallèles (Herogasm et Highland Laddie) dont les intrigues font avancer celle du titre principal. ↩︎
Le clan de ninjas que Daredevil affronte sont “The Hand”, la main. Ceux affrontés par les Tortues Ninja sont…“The Foot”, le pied. ↩︎
Par exemple, les personnages de “Bebop” et “Rocksteady”, ont été créés pour servir d’antagonistes idiots dans la série animée, et sont ici intégrés. ↩︎
Plus précisément: 150 numéros pour le titre principal, le reste se composant de sous-séries sorties en parallèle. ↩︎
