đ Expiations: Celles qui voulaient se souvenir
PremiĂšre partie: Le film Japonais
La premiĂšre fois que jâai entendu parler de cette histoire, câest par lâintermĂ©diaire de son adaptation cinĂ©matographique par Kiyoshi Kurosawa1. Initialement produite comme une mini-sĂ©rie de cinq Ă©pisodes, dont je dĂ©couvre quâils se calquent sur les chapitres du roman, elle a par la suite Ă©tĂ© remontĂ©e en deux films (mais quelle idĂ©e!?) et je me rappelle de leur promotion sur les affiches de la capitale.
Jâaurais pu aller voir le film Ă ce moment-lĂ , mais je crois que mes pensĂ©es du moment Ă©taient prĂ©occupĂ©es par mes relations avec des membres du sexe opposĂ©. Incidemment, lorsque jâai pris la dĂ©cision de mâouvrir Ă nouveau la rencontre avec un autre ĂȘtre humain, le film que je suis allĂ© voir avec cette personne fĂ»t un thriller du mĂȘme rĂ©alisateur: Real2.
Seconde partie: La boulimie de films
Quelques annĂ©es plus tard, jâai Ă©tĂ© pris dâun âbesoinâ de films Asiatiques, dont seule la flemme mâempĂȘche de lister tous les rĂ©alisateurs dont les films ont soudainement empli mes disques durs. Vous y voyez peut-ĂȘtre une marque de cinĂ©philie de ma part, mais en rĂ©alitĂ©, il sâagissait plus dâune posture: comme une envie dâaccumuler ces films pour me dire que je pourrais les voir, remplir une sorte de checklist, et me dire que jâavance.
Bien sĂ»r, il nâen Ă©tait rien. Je nâai jamais regardĂ© ces films, et jâai trouvĂ© une autre maniĂšre dâavancer: regarder un film aurait pu mâapporter des idĂ©es pour avancer, mais je savais inconsciemment que remplir une liste nâapporterait rien.
TroisiÚme partie: Résumés et histoires littéraires
Dans le film comme dans le livre, un drame arrive: une petite fille dâune dizaine dâannĂ©es est tuĂ©e. Ses quatre amies lâont vue partir avec son assassin, mais aucune nâa compris ce qui se tramait avant quâil ne soit trop tard, et le choc les rend impuissantes pour dĂ©crire le meurtrier, lequel nâest jamais apprĂ©hendĂ©. La mĂšre de la fille convoque alors les quatre amies et les menace de reprĂ©sailles futures si celles-ci ne font pas dâefforts pour expier leur faute de ne pas avoir aidĂ© Ă arrĂȘter le coupable. Quinze annĂ©es plus tard, alors que le dĂ©lai de prescription du crime approche, son souvenir revient Ă chacune des quatre filles, qui vont chacune narrer un chapitre qui mĂšnera Ă une conclusion.
Ce rĂ©sumĂ© est un peu long, mais un peu plus juste que celui que jâai pu lire Ă chaque fois que je me suis approchĂ© de cette histoire: si la mĂšre de la victime joue bien un rĂŽle antagoniste, jây lisais toujours que la mĂšre rĂ©unissait dâelle-mĂȘme les quatre tĂ©moins pour mettre un terme Ă lâhistoire et assouvir sa vengeance, ce qui, trĂšs franchement, nâest pas le genre dâhistoire qui mâintĂ©resse. Jâai donc longtemps fait lâimpasse sur ce livre.
QuatriĂšme partie: Deux heures et vingt minutes
Le livre emprunte beaucoup au style du roman Ă©pistolaire. Chaque chapitre, dâune soixantaine de pages, est une discussion Ă sens unique Ă la premiĂšre personne par chacune des quatre amies, sous la forme dâune lettre, ou dâun discours, et donnant plus de contexte aux Ă©vĂšnements passĂ©s et Ă la personnalitĂ© de la fille, et y ajoutant son futur en tant que femme forgĂ©e par ce drame. Les quatre parcours sont diamĂ©tralement opposĂ©es, ce qui fait quâon ne ressent jamais dâennui Ă repasser autour du mĂȘme Ă©vĂšnement Ă plusieurs reprises.
On peut reprocher que le mystĂšre soit assez âabsentâ de la narration: mĂȘme si celui-ci est le point central de lâoeuvre, celle-ci sâintĂ©resse plus aux effets que celui-ci a eu. Malheureusement, lĂ encore, mĂȘme si certains passages laissent espĂ©rer Ă une issue heureuse, il nâen est rien, et les quatre femmes ont toutes un parcours vraiment SORDIDE, et si certains sont la suite logique de leur trauma, certains donnent lâimpression dâun choix arbitraire de lâautrice qui a juste envie de faire souffrir les personnagesâŠ
CinquiĂšme partie: Conclusion
En dehors de cet âabreuvoir de malheurâ que jâai cru sorti dâun livre de Zola, cette histoire a un style narratif vraiment unique et trĂšs fort, au point quâil mâa Ă©tĂ© impossible de le lĂącher. Le cinquiĂšme bloc est dĂ©diĂ© Ă la mĂšre de la victime, qui mettra un terme Ă lâenquĂȘte et Ă©clairera des zones dâombre, toujours de maniĂšre Ă©pistolaire, ce qui donnera lieu Ă dâautres zones dâombres plus mineuresâŠ
Ce dernier point nâest pas un dĂ©faut, et dans sa globalitĂ©, le livre est trĂšs bon, mais jâai apprĂ©ciĂ© ce dernier rappel soudain Ă la narration si unique de ce livre, et ne mâa fait que lâapprĂ©cier encore plus.
Sans lien de parentĂ© avec un autre rĂ©alisateur Japonais cĂ©lĂšbre, Kiyoshi Kurosawa est un rĂ©alisateur Japonais qui est plutĂŽt spĂ©cialisĂ© dans les thrillers, lâhorreur, et autres mystĂšres Ă portĂ©e psychologique. Son premier succĂšs Sweet Home a inspirĂ© la franchise de jeux Resident Evil. ↩︎
AdaptĂ© dâun roman, Real est un film que je recommande grandement, et sera aussi ma premiĂšre rencontre avec les acteurs Takeru SatĆ et Joe Odagiri. ↩︎